TOM BROSSEAU





Le monde est en train de péter, mais Tom est là pour nous réconforter. Le gentlemen cow-boy de FatCat est de retour, en tournée avec son nouvel album plein les poches: « Posthumous Success ». Son label le décrit comme un disque conceptuel, moderne, espiègle, drôle et sombre à la fois… Que comment que que […]

Le monde est en train de péter, mais Tom est là pour nous réconforter.

Le gentlemen cow-boy de FatCat est de retour, en tournée avec son nouvel album plein les poches: « Posthumous Success ». Son label le décrit comme un disque conceptuel, moderne, espiègle, drôle et sombre à la fois… Que comment que que ? S’il est un terme qui nous vient pour le moins, c’est l’authenticité de ses compositions: car Brosseau est un authentique, un vrai, et la dimension pittoresque et narrative de ce dernier album lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

Il faut l’avoir vu sur scène, chanter a cappella de sa voix douce et mélancolique et tendre ses bras de son air ingénu ! L’homme sait briser les plus récalcitrants avec un charme si confondant qu’on a presque envie de le serrer contre soi pour le réconforter et le protéger des méchants de ce monde. Mais notre homme en a vu d’autres et sous ses airs frêles et sensibles il ne tarde pas à embarquer tout le monde dans une dimension qui sent bon le feu de camp et la Marlboro. Ou plutôt « sentait » bon, car ce nouveau disque de la planète FatCat fait la part belle à des sonorités plus rock et plus dures que ce à quoi nous étions habitués: guitare électrique, basse, batterie et rythmes poussifs donnent à cet opus un environnement sonore plus sauvage et urbain que d’ordinaire.

Tom Brosseau le bluesman du Dakota, s’aventure donc dans les eaux troubles et tumultueuses d’un rock minimal et sombre. Il y a des parcours qui ne trompent pas: son dernier album « Cavalier » était produit par John Parish (Pj Harvey, Eels). On ne ressort sans doute pas indemne d’une rencontre avec cet homme-là. Mais le Blues coule dans les veines de Brosseau comme le Chasselas dans celui des Vaudois et c’est bien lui qui règne sur les mélodies de « Posthumous Success », lui qui crée comme toujours l’immense impact émotionnel de ses chansons. Dans « You Don’t Know My Friends », une mélancolie à vous fendre le coeur est résolument tapie sous des riffs de guitares rêches comme une barbe de trois jours, et elle pointe encore dans « Favourite Colour Blue »… comme si Brosseau devait encore nous l’avouer: « My favourite colour is the colour blue, I put a little of that in everything I do”.

Ecouter Tom Brosseau, c’est se retrouver enfant, avec un conteur d’histoires assis au coin du lit. Il suffit de faire un tour sur son site pour se rendre compte de l’immense potentiel narratif de cet auteur hors norme. Brosseau est prolifique, il aime raconter et il nous dit tout. De ses états d’âme à ses observations: un coin de rue, une cour d’école, un skateboard, tout chez lui est susceptible de faire démarrer une histoire, une chanson. Et lorsqu’il s’y met, on ose à peine bouger, on veut juste écouter et pourvu que rien n’interrompe son récit et ses mélodies. Tom Brosseau, c’est Le James Dean de « A l’Est d’Eden » dans le corps de Peter Pan. Et l’écouter, c’est briser son coeur, avec beaucoup de bonheur et un verre de Whisky dans la main.