To Rococo Rot (ALL)

LUNDI 31 MAI
Bar: 19h
Début: 21h
Entrée 15.-//5.- avec la carte du Salopard

L’ex-Allemagne de l’Est des frères Lippok qui fraie avec l’ouest industriel de Stephan Schneider, et sa capitale kraftwerkienne Düsseldorf, livrent « Speculation », neuvième parution de To Rococco Rot en pleine adolescence.
15 ans, mais pas de crise.

Si de nombreuses reviews annoncent l’album célébrant l’incertitude, c’est plutôt la précision et le contrôle qui marquent ce nouvel album, longue nappe circulaire et lysergique qui répond à la formule du groupe: l’union heureuse du digital et de l’acoustique.

Musique carrefour, jonction d’influences, les ascendances de To Rococo Rot sont évidentes, même si originellement le groupe se forme sans direction musicale déterminée et sans objectif autre que celui de produire une musique à la ligne exclusivement instrumentale.
« Speculation » offre une vue générique et synthétisée de la route tracée par le trio.

Le désormais classique jeu de basse lancinant, rythmique et mélancolique de Schneider sur les titres « Away », « Working Against Time » et « Horses ».

Louable descendance des premiers New Order aux aspirations encore Post-punk. Un jeu que Schneider a rôdé chez To Rococo Rot, mais également chez Kreidler dont il fut l’un des membres fondateurs et avec lesquels il publia le mémorable titre « Reflections » sur le non moins mémorable album « Week-end » paru en 1996.

Les affinités expérimentales sur les très warpiens « No Way To Prepare » et « Face It » qui rappellent l’orfèvrerie sonore complexe et minutieuse d’Autechre.

Et la répétitivité : non sans référence directe au Krautrock, celui de Neu! tout autant que celui de Faust dont l’intervention sur « Speculation» dépasse la simple citation puisque l’album a été enregistré dans le studio des légendaires Faust sous l’aile avisée de Jochen Irmler qui habille d’une ligne d’orgue le titre Friday, d’ailleurs fraîchement remixé par Schakleton, référence Dubstep s’il en est.

C’est pourtant sans suivisme ni désagréable pastiche que le groupe développe un cadre musical qui, s’il confond les genres et se joue des frontières, reste proprement identifiable.

Musique qui caresse tout en ne cédant jamais à une Pop mièvre et suintante, la caresse est profonde et ménage le centre émotionnel.

L’habileté, la retenue, l’élégance, la densité tout autant que le minimalisme signent les dix titres de « Speculation », boucle hypnotique qui rencontre parfaitement le nom du groupe, palindrome symbolisant cette circularité infinie, grande constante de toR ococoR oT.

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