Thank You (us)





Happy Dog’s Day Quel est le connard qui a décidé un jour que les chiens avaient une vie de merde, et que c’était un fait si entendu qu’on en tirerait l’expression « avoir une vie de chien » ? J’ai franchement jamais bien compris. Nourris, logés et (bon ben ça c’est l’appréciation de ceux qui n’en ont jamais […]

Happy Dog’s Day

Quel est le connard qui a décidé un jour que les chiens avaient une vie de merde, et que c’était un fait si entendu qu’on en tirerait l’expression « avoir une vie de chien » ?

J’ai franchement jamais bien compris. Nourris, logés et (bon ben ça c’est l’appréciation de ceux qui n’en ont jamais eu) jamais assez blanchis.

Imagine seulement: sur une route sans aspérités et droite jusqu’à l’horizon, une voiture file à toute allure. A l’arrière, un chien la gueule à la fenêtre, la langue béante, les bajoues flottants au vent, la queue frétillant frénétiquement sur la banquette et ce regard, ce regard invariablement béat.

C’est pas royal une vie de chien?

Si tu veux te sentir chien, assister à un live de  Thank You permettrait significativement de s’en rapprocher.

C’est une expérience primaire d’heureuse, frénétique et exutoire décompensation nerveuse que permet le trio de Baltimore aux bordéliques assauts polyrythmiques, aux riffs de guitares – parfois doubles – stridents et tressautants, aux voix en chorale et aux chants scandés, auxquelles s’emmêlent dans un tremblement chaotique orgue Vox, et Mini Moog erratiques, harmonica, samplers, sifflets de trains, guimbarde, et à peu près tout ce qui peut leur passer sous la main…

Entre This Heat les bpm en galopante surchauffe, Swell Maps en plus Noise et moins Punk et proches des bizarreries à la Deerhoof, Jeffrey McGrath (guitares, voix), Michael Bouyoucas (basse, orgue, voix) et Emmanuel Nicolaidis (batterie, voix) signent leur troisième sortie sur Thrill Jockey avec Golden Glory produit une fois de plus par J. Robbins (Jawbox, Yeasayer, Ponytail, and Mary Timony) et mixé par Chris Coady (Yeah Yeah Yeahs, Beach House, Gang Gang Dance, TV on the Radio).

Puisant dans les ascendances tortueuses du Kraut, du Post-punk, de la No Wave et de la Noise, ils en tirent dans une éructation hoquetante une musique à la fois mélodique, obtue, discordante et agressive sans être mélodramatique.

Au cœur d’une non-scène baltimorienne pourtant en pleine effusion naissante ou renaissante, Thank You – moins psychédélique qu’Animal Collective et résolument moins mélancolique et plus féroce que Beach House –  tout comme à l’époque Pere Ubu à Cleveland et Devo à Akron, est probablement l’un des porte-paroles les plus adéquat de la froide et grisâtre cité post-industrielle: sa muse, son terrain de jeux et son champ de bataille.

Une platée de Canigou, un petit coup par chez le toiletteur et aboyer de plaisir face à cette frénétique catharsis canine : au Bourg le jeudi 12 mai !

M.J.

www.myspace.com/wethankyou