TAPE (SWE)





Nul est besoin de dire combien je suis attachée aux Pays Nordiques… Depuis ma plus tendre enfance, tous les deux ans nous prenions la route pour la Finlande et notre périple qui était long devait se préparer pour contenir deux enfants terribles à l’arrière de l’Alfa Roméo Giulietta de mon père. La musique : de l’entrée […]

Nul est besoin de dire combien je suis attachée aux Pays Nordiques… Depuis ma plus tendre enfance, tous les deux ans nous prenions la route pour la Finlande et notre périple qui était long devait se préparer pour contenir deux enfants terribles à l’arrière de l’Alfa Roméo Giulietta de mon père. La musique : de l’entrée d’autoroute à Epalinges, jusqu’à Stockholm où nous embarquions sur le Ferry pour Helsinki nous avions droit au sacro saint Choeurs de l’Armée Rouge pendant que mon frère et moi dormions couchés sur la banquette, mais aussi et surtout à Henri Dès, Anne Sylvestre et Manique et Jo. L’auto-cassette n’a jamais flanché. Le démarreur de l’Alfa oui, souvent. (Mon père ne s’est acheté une SAAB qu’à la mort de mon grand-père qui de son vivant le lui avait tacitement interdit : Il s’est certainement retourné dans sa tombe, avec toute l’antipathie qu’il portait à ses voisins Suédois et Russes, la Finlande a combattu pour son indépendance jusqu’en 1917).

Tape: la cassette, mais aussi la bande Revox, les compilations qui tournaient en boucle lors des soirées enfumées auxquelles mon frère et moi n’étions pas conviés : « Je t’aime moi non plus » et Simon and Garfunkel.

Autant dire qu’aujourd’hui, avec tout l’amour que je porte aux étendues nordiques, quand un groupe scandinave se pointe aux séances de programmation du Bourg, mon enthousiasme est tel qu’il n’est pas difficile de le défendre : et cela même s’ils sont Suédois. (Et là encore mon grand-père doit se retourner dans sa tombe).

Tape donc, trio suédois formé en 2000 par les frères Andreas et Johan Berthling avec Tomas Hallonsten, semble porter sur le passé un regard tendre et amusé qui me touche et me rappelle tant de paysages traversés en deçà et au delà du cercle polaire.

Ce regard, Tape le transcende dans sa musique à travers laquelle le passé et le présent se rejoignent justement dans des entrelacs mélodieux et lumineux.

« Opera » et « Milieu » leurs deux premiers albums édités sur le label Häpna, sortent respectivement en 2002 et 2003. L’histoire raconte que ceux-ci ont été enregistrés avec une panoplie d’instruments électroniques et acoustiques dans une grange en pierre sur la petite île d’Öland à l’est de la Suède. (Tiens, Mi and L’Au, groupe Franco – Finno n’avait-il pas enregistré un de leur dernier album dans une cabane en bois, en plein hiver arctique?). Une musique intuitive, dont l’expérimentation et le minimalisme ne dérogent cependant pas aux indices d’une pop légère.

En 2005, ils quittent la Scandinavie le temps d’une collaboration à Cologne avec Marcus Schmickler, qui produira et enregistrera leur troisième, mais pas dernier opus : « Rideau ».

2006 leur ouvre des portes à de nouvelles collaborations, dont le duo japonais Tenniscoat sur leur album Tan-Tan Therapy ou encore le quatuor Minamo avec lequel ils enregistrent un album à Tokyo la même année. Le Japon, Taïwan seront des ports d’attaches dans leurs tournées, l’Europe et les Etats-Unis aussi.

Puis le rideau se lèvera à nouveau sur « Luminarium » leur avant-dernier album, produit en 2008 dans leur studio à Stockholm.

C’est à l’occasion de leur dernier album, fraîchement sorti en Janvier 2011 que Tape parcourt en ce début de printemps l’Europe : un subtile mélange d’acoustique (piano, guitare, harmonium) et d’électronique. Une invitation au voyage, autant dans des sphères nordiques que japonisantes.

Si le soir de leur concert au Bourg vous voyez quelqu’un avec un bouquet d’aneth à la main, cela sera sûrement moi… I.J.M

www.myspace.com/tapesthlm