Sound & Vision





Parce que la musique c’est une histoire et que si elle se dit en mélodies et en rythmes, elle se dit aussi en image. Le Bourg avec la complicité d’Ivan (+41) est heureux de vous présenter un de ses nouveaux rendez-vous: Sound & Vision. Tous les derniers jeudis du mois, à 20h30, vous pourrez découvrir un genre, un courant musical, un label […]

Parce que la musique c’est une histoire et que si elle se dit en mélodies et en rythmes, elle se dit aussi en image. Le Bourg avec la complicité d’Ivan (+41) est heureux de vous présenter un de ses nouveaux rendez-vous: Sound & Vision. Tous les derniers jeudis du mois, à 20h30, vous pourrez découvrir un genre, un courant musical, un label ou un artiste à travers un film documentaire ou de fiction qui sera suivi d’un dj set qui complètera ce moment de cinéma dédié à la musique. Première projection ce 24 septembre avec «Hearthworn Highways» de James Szalapski. Assurément le plus précieux documentaire jamais réalisé sur le quotidien et les premiers pas des plus emblématiques et influents artistes d’un courant aujourd’hui communément appelé l’Americana.

The best music and the best whiskey come from the same part of the country. tiré de «Heathrow Highways»

Au début des années septante, loin de la Country mainstream de Garth Books et de Dolly Parton une petite niche de singer/songwriters émerge dans le sud des Etats-unis. Connectés aux racines de la musique traditionnelle américaine mêlant la Country, le Blues et le Folk, ils sont très généralement identifiables à l’Outlaw Country, ramification portée entre autre par Johnny Cash. Mais les influences qui traversent cette marge crasse et chevelue dont les pieds sont solidement ancrés dans la bouse du sol poisseux des paysans du sud, part d’ombre des productions lisses et des looks apprêtées des stars de Nashville, ne sont pas réductibles, ni reconnaissables à ce seul mouvement. Le Swamp Rock (mouvement mêlant le Funk, le Blues, la Soul et la Country) de Tony Joe White, le Southern Rock, comme la «Blue Eyed Soul» (ou dite autrement la Soul des blancs) s’ancrent plus spécifiquement dans cette musique. Sans renfort de narration indigeste et avec une très belle photographie «Hearthworn Highways» saisit l’émergence et trace ou retrace plus qu’un mouvement, une période, les années septante, et un lieu, le sud des Etats-Unis, déterminants pour les productions qui en résulteront. De Los Angeles démarre un road movie qui conduira le réalisateur James Szalapski jusqu’à Austin, et du Texas jusqu’à Nashville, Tennessee. Sur la route de ses images captées durant plusieurs semaines de l’hiver 1975, Szalapski rencontre Guy Clarke, Steve Earle, Townes Van Zandt et d’autres. Townes Van Zandt, anti-héros fan de Lightnin’ Hopkins, vivant dans une ferme sans plomberie, ni électricité, qui jouait en toute humilité devant 50 personnes, et qui une fois le succès à sa porte haussa simplement les épaules, ne changeant rien à ses occupations favorites: la guitare et le Whisky. Cheveux longs, sales, destins parfois misérables, hippies paysans plus adeptes du Bourbon que du Lsd constituaient l’univers de ces musiciens exceptionnels dont l’écho a peu franchi les frontières de la reconnaissance locale ou au mieux nationale. Chronique de musiciens inspirés, hybrides de Bob Dylan, Johnny Cash et Charles Bukowski.