SOUND & VISION II





Parce que la musique c’est une histoire, et que si elle se dit en mélodies et en rythmes, elle se dit aussi en image. Tous les derniers jeudis du mois, Le Bourg, avec la complicité d’Ivan (+41) vous présente un genre, un courant musical, un label ou un artiste à travers un film documentaire ou […]

Parce que la musique c’est une histoire, et que si elle se dit en mélodies et en rythmes, elle se dit aussi en image. Tous les derniers jeudis du mois, Le Bourg, avec la complicité d’Ivan (+41) vous présente un genre, un courant musical, un label ou un artiste à travers un film documentaire ou de fiction suivi d’un dj set pour compléter ce moment de cinéma dédié à la musique.

Deuxième projection ce 29 octobre avec «Ca coule de source» de Yves Billon et Henri Lecomte. Documentaire consacré au grand Bluesman africain, Ali Farka Touré. Véritable ode à la nonchalance du son lo-fi africain, guitares saturées et sonos bricolées à faire pâlir d’envie n’importe quel amateur ou musicien de garage punk, «Ca coule de source» suit le premier Africain à avoir reçu un Grammy Awards.

De concerts à Bamako, aux cultes vaudous dédiés aux «Génies du fleuve», en passant par une jam impressionnante avec le groupe Touareg Tinariwen, c’est le seul com mentaire d’Ali Farka Touré qui sert de guide à ce document qui découvre l’atmosphère et l’énergie particulières de la région de la boucle du fleuve Niger, et une personnalité remarquable qui a su concilier une carrière de musicien international et de cultivateur dans son village Niafunké.

Né au Mali en 1939 d’une famille issue de l’éthnie paysanne Songhaï, son père militaire meurt au front durant la deuxième guerre mondiale. Non scolarisé et travaillant aux champs, Ali Farka Touré s’intéresse très tôt à certains instruments traditionnels comme le Gurkel, petite guitare traditionnelle, le Njarka, violon populaire, la flûte Peul et le luth Ngoni à quatre cordes. Il fonde son premier groupe en 1960, La Troupe 117 avec qui il parcourt le Mali avant d’entrer en 1970 dans l’orchestre de la radio natio nale du Mali qui sera dissout par le gouvernement en 1973. Démarre alors sa carrière solo qui le voit se produire dans toute l’Afrique de l’Ouest. Son premier album «Farka» paraît en 1976.

Jusqu’en 1997, date à laquelle il décide de se consacrer principalement au développement agricole de son village, il multipliera les albums, les tournées en Afrique, en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, les collaborations avec le Bluesman Taj Mahal ouvrant ainsi son répertoire à la Fusion et à la World Music et aussi avec le guitariste américain Ry Cooder. Son investissement pour le développement de Niafunké, notamment par l’installation de pompes à eaux permettant l’irrigation des cultures du village, lui vaudra d’accéder au statut de maire. Parallèlement, il continue à produire de la musique et sortira encore 3 albums abordant les thèmes du travail de la terre, de l’éducation, de l’Apartheid et de la justice. De la guitare électrique au petit violon monocorde des paysans Songhaïs, l’univers musical d’Ali Farka Touré était riche et entier, tout autant que sa passion pour les terres de ses origines. Juste avant sa disparition en 2006, il terminait son dernier album solo, Savane, album posthume, véritable héritage de l’art d’Ali Farka Touré.