SOUND AND VISION VII: THE DEVIL AND DANIEL JOHNSTON
DJ SET: GINO (VIKING MUSIC) & IVAN (+41)

JEUDI 25 MARS
Bar: 19h
Début: 21h
Projection: Entrée 8.-//Dj set: Entrée libre

Parce que la musique c’est une histoire et que si elle se dit en mélodies et en rythmes, elle se dit aussi en image. Tous les derniers jeudis du mois, Le Bourg avec la complicité d’Ivan (+41) vous présente un genre, un courant musical, un label ou un artiste à travers un film documentaire ou de fiction suivi d’un dj set complétant ce moment de cinéma dédié à la musique.

Pour cette septième édition, « The Devil and Daniel Johnston », documentaire de Jeff Feuerzeig consacré au brillant songwriter à l’esprit et aux émotions malmenées Daniel Johnston ou le Facteur Cheval de la Pop lo-fi.

« Salut. Salut. Salut. Je suis le fantôme de Daniel Johnston. Il y a quelques années, je vivais à Austin, Texas et je travaillais au Mac Donalds. C’est un honneur et un privilège de m’adresser à vous aujourd’hui et de vous parler de moi et de l’autre monde. »
Daniel Johnston, Austin, 1985. Séquence introductive de « The Devil and Daniel Johnston » de Jeff Feuerzeig

Daniel Johnston est une figure rare et décadrée qui, si vous portez un minimum d’humanité en vous, vous attriste et vous met mal à l’aise autant qu’elle vous exalte et vous transporte.
Illustrateur, peintre, musicien et songwriter, l’expression de ses arts est vierge de toute culture artistique, vierge de toute convention esthétique, sans influence, ni référence normative.

Cadet d’une fratrie de cinq frères et soeurs dont les parents sont deux fondamentalistes chrétiens établis en Virginie de l’ouest; cette ferveur religieuse ne participa assurément pas à stabiliser sa fragile santé mentale face aux récurrents sermons hystériques d’une mère lui rappelant sans cesse la portée maléfique de ses illustrations et combien le temps consacré à sa musique faisait de lui un serviteur inutile.

Le Diable, Laurie (son amour non consommé d’adolescent qui lui préféra un croque-mort pour mari), les Beatles (modèle de l’adulation et de la gloire à atteindre), Casper le gentil fantôme ou Captain America sont les obsessions paranoïaques, hallucinatoires, sentimentales et iconographiques qui peuplent un imaginaire complexe et tortueux et un esprit torturé par la maniaco-dépression. Daniel Johnston incarne à travers sa souffrance personnelle l’Amérique malade dans sa ferveur religieuse naïve et son manichéisme tirvial, une nation hypnotisée par les héros et super-héros de sa culture impérialiste.

Ce qui frappe à la vision de « The Devil and Daniel Johnston », documentaire que lui consacre Jeff Feuerzeig en 2005, c’est finalement ce qui frappe quand on mesure l’emprise de la maladie psychique sur le destin de Johnston.

Documentaire, façonné Sundance, marque de fabrique du film indépendant US de bon ton (dont il recevra d’ailleurs le prix de la meilleure réalisation), le travail sur les archives, les témoignages comme la réalisation est impressionnant. Mais tout au long du film, Jeff Feurezeig, par ses choix, donne le sentiment qu’il traite d’une personnalité disparue.

Daniel Johnston n’apparaît que dans les archives sélectionnées et dans quelques séquences où il n’interagit pas directement avec le réalisateur, alors que son entourage est sollicité dans de nombreux plans interviews qui témoignent de son parcours et de sa personnalité.

Feuerzeig insiste aussi au terme du documentaire (juste avant de filmer Johnston déguisé en Casper, le gentil fantôme, pour le générique de fin) sur les nombreux artistes et groupes, plus de 150, de Pearl Jam, Yo La Tengo, Tom Waits, Beck en passant par Spectrum qui ont repris les chansons de ce génial songwriter qui force le respect et la reconnaissance du sérail musical comme de quelques fervents fans.

Ce que cela dit au final, par ce film ou par le destin de cet artiste brut, de manière cruelle ou froidement réaliste, c’est que le prix à payer d’une liberté créatrice aussi dé-limitée de toute influence, aussi décadenacée de toutes constantes artistiques formatées : c’est la maladie.
Celle qui débride et libère autant qu’elle enferme et restreint, et qui fait de Daniel Johnston le fantôme de sa propre vie.

« True love will find you in the end
You’ll find out just who was your friend
Don’t be sad, I know you will,
But don’t give up until
True love finds you in the end. »

Daniel Johnston « True Love Will Find You in the End » paru sur « 1990 », 1990.

« The Devil and Daniel Johnston » de Jeff Feuerzeig, 110’, Documentaire, USA, 2005.

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23H DJ SET
ENTREE LIBRE
GINO (Viking Music) & IVAN (+41)

Post Punk, Steel-String & McCartneyism

Gino (Viking Music)

Gino a fondé au début des années zéro Viking Music, label spécialisé dans la musique électronique romande de qualité.
Des artistes tels que Crowdpleaser, Kate Wax, St Plomb, Bauchamp, ou encore Lary Pec et Jetta – qui forment actuellement Larytta – y signent certaines productions de leurs débuts.
Le label, qui prépare son retour après une longue vacation, souhaite toujours être le reflet d’une certaine musique indigène passionnante. Puisse ce reflet se balader au-delà des frontières et même du cercle polaire…

Ivan (+41)

Designer, Ivan oeuvre au sein du collectif //DIY +41. Passionné de musique et plus particulièrement de la période 60-70, Ivan pérégrine du Doo-wop au Folk psychédélique, avec un penchant obsessionnel pour les mélodies lysergiques.

Sa passion ne se limite pas au djing, mais il l’alimente dans la co-fondation du mini-label +41 records (Big Pants, MPC), dans la réalisation de pochettes de disques (Spectrum, Big Pants, Rosqo, Vitalic et pour le label Mental Groove) ou encore dans la direction artistique d’expositions sur la musique (Musique & Conscience, Sciences et Cités, 2005)

Durant le premier semestre de l’année 2009, il a édité une mixtape du nom de « Pascal’s Paradox », disponible gratuitement à l’adresse suivante: http://ostinato.tumblr.com/