Simplement KAT





SUCCESS STORY D’UNE COTONNEUSE MAIS PAS SUCRÉE SCANDINAVE Entre Fiona Apple, Cocorosie et Cat Power, Call Me Kat creuse le sillon d’une Pop lo-fi mélancolique de passage au Bourg ce 12 mai. Si les néo pop-folkeuses tombées d’un nuage de sucre soufflé ne caressent pas vraiment mes sens, mais tendraient plutôt à les irriter; parfois même jusqu’à un […]

SUCCESS STORY D’UNE COTONNEUSE MAIS PAS SUCRÉE SCANDINAVE

Entre Fiona Apple, Cocorosie et Cat Power, Call Me Kat creuse le sillon
d’une Pop lo-fi mélancolique de passage au Bourg ce 12 mai.

Si les néo pop-folkeuses tombées d’un nuage de sucre soufflé ne caressent pas vraiment mes sens, mais tendraient plutôt à les irriter; parfois même jusqu’à un incontrôlable basculement fantasmé où le sourire se fige (inquiétant) et traduit une pulsion criminelle qui s’agite directement de mon système limbique : je me lève, calme, mais assurée dans le mouvement, je monte sur scène et j’étrangle l’oisillon gracile qui flotte en apesanteur dans une lumière Sepia et les vapeurs de violette.
Calmement toujours, je regagne ma place, me rassieds et apprécie (la claustrophobique bulle de guimauve enfin explosée) la pesanteur et la rugosité de la réalité retrouvée.

Hep, hep, hep! Pas si vite! Vigilance face aux appréciations systémiques.
Ça cloisonne quand ça ne rend pas simplement con. Quand on n’adhère pas complètement (pour ne pas dire pas du tout) à un genre musical, des amalgames peuvent rapidement se créer et confondre l’heureuse différence de la plus confondante médiocrité (d’autant plus quand elle est tapie sous un vaporeux voile de tulle, piqué de duveteuses plumes maculées, que de petites perles nacrées sertissent… Oh niiiiiion! Trop chou!).

Prescription: combattre le spasme et garder l’esprit ouvert.
Focus, distanciation, focus, distanciation.

Non sans mal de prime abord, puisqu’il y a forcément un peu de cet oisillon dans les minimales ballades folktronica portées par les intonations légèrement Blues et le timbre clair de Katrine Ottosen. Je reconnais pourtant aussi sans mal que ces marques ne laissent pas de traces collantes après leur passage dans mon casque.

C’est principalement à deux mains et une voix que la Danoise mène son orchestre : écriture, voix, Korg, guitare et autres claviers, bien qu’elle s’accompagne ponctuellement de Daniel Fridel aux claviers et aux machines électroniques, de Carsten Skov au vibraphone et de Sisse Hyllested à la basse.

Son premier EP « I’m In A Polaroid – Where Are You ? » paraît en 2008. Elle y signe les compositions, l’interprétation, l’enregistrement et la production. Combinaison de claviers, percussions bricolées, samplers, dictaphones et voix enregistrées, c’est à l’Islandais Valgeir Sigurdsson (Björk, Mùm, Sigur Ros) que revient le mixage et le mastering.

Conjointement à ses propres productions, Call me Kat multiplie les projets parallèles et les lives :
Katrine Ottosen prête sa voix à Marc Collin, producteur de Nouvelle Vague dont je n’alimenterai pas ici la controverse, mais ne saluerai pas non plus le succès de la relecture-formule Easy Bossa-novesque des standards Post-punk, et plus récemment de bo de films sur l’album « Hollywood Mon Amour » sur lequel Call Me Kat propose une reprise de « Eye Of The Tiger ».

Sur l’album hommage « Perfect As Cats – A Tribute To The Cure », paru fin 2008 sur Manimal Vinyl ; aux côtés de Bat For Lashes, Blonde Redhead, ou encore The Dandy Warhols, Katrine Ottosen reprend le titre « The Lovecats ».
S’ajoute à ces collaborations et à de nombreux lives où elle joue en solo ou en première partie de Au Revoir Simone, Sébastien Tellier ou encore The Dö, l’enregistrement de son premier album « Fall Down » pour lequel Valgeir Sigurdsson signe à nouveau le mastering. L’album paraît fin 2008 sur Playground Records et sur son propre label Pixiebooth. Une dizaine de titres simples et bien pensés, sans oublier la reprise pour le moins surprenante et intéressante du Toxic de Britney Spears.
Le charmant volatile Call Me Kat se love bel et bien sur un nuage, mais sans chantilly, ni miel, ni sucre glace. Bien plus sobrement, son nuage est fait de coton. Une simplicité que Katrine traduit dans une musique qui se résume simplement à : « Appelez-moi Kat ».