SÉRIE DE PORTRAITS CYBERNÉTIQUES





Numéro 6 — Robot acteur, aux environs de 2230 Pendant la Période d’Inactivité Culturelle Humaine (PICH) qui suivit la Grande Dépression Culturelle, l’ensemble des disciplines artistiques furent confiées à des robots. La « face » de ce robot acteur était un écran plasto-chromatique qui prenait les traits d’un visage pour un rôle dramatique. Son châssis corporel pouvait aussi […]

Numéro 6 — Robot acteur, aux environs de 2230

Pendant la Période d’Inactivité Culturelle Humaine (PICH) qui suivit la Grande Dépression Culturelle, l’ensemble des disciplines artistiques furent confiées à des robots. La « face » de ce robot acteur était un écran plasto-chromatique qui prenait les traits d’un visage pour un rôle dramatique. Son châssis corporel pouvait aussi changer de géométrie lorque le rôle campé était celui d’un homme ou d’une femme. Un synthétiseur vocal polyglotte et multitimbral complétait la machine.
Des programmeurs créaient des algorithmes de jeu automatique aléatoire (appelés E-Stanislavskys) qui produisaient des pièces spontanément, sans répétitions ou écriture. Le spectateur de l’époque ne savait pas du tout à quoi s’attendre en allant au spectacle; la performance était ainsi unique et non reproductible. Les machines étaient sciemment dépourvues de mémoire de stockage pour ne pas pouvoir garder de trace de la pièce.
Certaines chroniques mentionnent quelques titres qui firent sensation à l’époque : L’assassin était un humain, Ma maîtresse est un robot, Le Berger de Moutons Electriques. On ne connaît pas les histoires et scénarios puisqu’il était strictement interdit sous peine de mort de les conserver de quelque manière que ce soit (texte, enregistrement ou film). On voit ici le robot en état neutre de repos, sans rôle particulier.