Scott Matthew





«There Is An Ocean That Divides And With My Longing I Can Charge It With A Voltage Thats So Violent To Cross It Could Mean Death». Avec un titre aussi interpellant par sa longueur et préoccupant par son contenu, l’expatrié australien le plus mélancolique de New-York ne pouvait laisser dans l’indifférence générale la sortie de […]

«There Is An Ocean That Divides And With My Longing I Can Charge It With A Voltage Thats So Violent To Cross It Could Mean Death».

Avec un titre aussi interpellant par sa longueur et préoccupant par son contenu, l’expatrié australien le plus mélancolique de New-York ne pouvait laisser dans l’indifférence générale la sortie de son deuxième album. D’une longueur se défendant d’aucune prétention, l’histoire de ce titre est celle d’un obstacle. Vers d’une poésie si impossible à mettre en mélodie que Scott Matthew ne pouvait ignorer l’évidence ou la simple fatalité de devoir en faire le titre de son album à défaut de pouvoir les intégrer à l’un de ses morceaux. Si ce n’est encore fait, la découverte de ce songwriter Folk qui se déjoue des limites que lui imposent les accidents de la vie, notamment en troquant par nécessité la guitare pour le ukulélé à la suite d’une agression qui lui coûta la mobilité d’un de ses doigts, et qui permet à sa musique de se singulariser et de gagner en intérêt, mérite vraiment le détour.

Scott Matthew est né à Queensland en Australie. En 1997 il s’installe à Brooklyn (New-York), terreau fertile de musiciens et d’artistes qui lui permettent des rencontres et collaborations, notamment avec Spencer Corbin, ancien batteur de Morissey, avec lequel il sort un album en 2002 sous le pseudonyme d’Elva Snow. Il se fera connaître par sa participation à la réalisation des bandes originales de «Lithium Flower» et «Shortbus». En 2008 sort son premier album solo, condensé de ballades Folk qui rassemble des titres composés par le passé qu’il agrémente de nouveaux morceaux. Paru au printemps de cette année, son deuxième opus est traversé par une variété d’influences musicales élargie. Instruments à vent, une plus grande présence du ukulélé, ainsi que de choeurs se greffent aux accents Folk plus traditionnels qu’on pouvait attendre de lui. Produit à nouveau par Mike Skinner (mais pas le Mike Skinner des Streets), la plupart des guitares y sont de Spencer Corbin et de Kevin Devine, référence de l’Indie-Rock. La formation se compose aussi de la pianiste Marisol Limon Martinez, d’Eugene Lemcio à la basse et de Clara Kennedy au violoncelle. Ce second album, plus étoffé que le premier se présente comme un ensemble à la fois lumineux et spleenétique. La dimension aérienne des morceaux y contraste avec la pesanteur des mots qui disent un monde rugueux et sévère.