Rusconi — Vernissage d’album





Partition amoureuse supersonique Déclaration d’amour à Sonic Youth, le trio jazz zurichois Rusconi s’offre une relecture du mythique groupe new yorkais. Inattendu et surprenant. Rusconi, ça sonne un peu comme une entreprise de construction. Ici, en l’occurrence, c’est plutôt la reconstruction qui marque le quatrième opus du trio suisse alémanique. Un hommage aux pisteurs du noise rock n’était pas celui auquel on aurait pu s’attendre […]

Partition amoureuse supersonique

Déclaration d’amour à Sonic Youth, le trio jazz zurichois Rusconi s’offre une relecture du mythique groupe new yorkais. Inattendu et surprenant.

Rusconi, ça sonne un peu comme une entreprise de construction. Ici, en l’occurrence, c’est plutôt la reconstruction qui marque le quatrième opus du trio suisse alémanique.

Un hommage aux pisteurs du noise rock n’était pas celui auquel on aurait pu s’attendre de la part du trio jazz, certes énergique, mais de composition plutôt traditionnelle et de formation classique.

Pourtant bande-son de l’adolescence de Stefan Rusconi, le pianiste dit «avoir toujours rêvé de revisiter l’oeuvre de ce groupe».

C’est aussi l’ouverture à l’improvisation et les liens tissés entre Sonic Youth et le jazz par ses collaborations avec le New York Art Quartet, Derek Bailey, William Hooker ou encore Mats Gustafsson qui ont probablement encouragé Rusconi à ouvrir ce champ des possibles a priori improbable.

Fabian Gissler à la basse et Claudio Strübi à la batterie ne sont pas aussi familiers de la formation new-yorkaise que Stefan Rusconi. «J’ai sélectionné une trentaine de titres qui ont eu un fort impact émotionnel sur moi et je les ai gravé sur un cd que je leur ai remis. S’ils avaient passé ces quinze dernières années à écouter Sonic Youth aussi intensément que je l’ai fait, nos arrangements auraient certainement manqué de créativité.»

Et il faut reconnaître qu’on est loin du pastiche. La voix est absente du projet et Stefan Rusconi n’a pas cédé à la facilité de transposer, par exemple, la guitare aux saxophones pour rappeler ou retrouver l’énergie des titres originaux. Il a fallu au contraire repenser les tempos pour que le piano puisse offrir une interprétation cohérente des partitions initiales.

Le pianiste d’ajouter que tous les titres souhaités n’ont pas été transposables : «bizarrement, c’est arrivé sur presque tous les titres sur lesquels Kim Gordon chante. Je ne peux pas vraiment l’expliquer. Ça ne fonctionnait simplement pas, même si j’ai toujours été impressionné par ce qu’elle propose au sein du groupe.»

Rusconi n’a jamais été en contact direct avec Sonic Youth durant la préparation de l’album, probablement pour le meilleur, maintenant ainsi une distance constructive à cet exercice de réinterprétation.

« It’s A Sonic Life » est paru le 19 mars chez Sony Allemagne et la cover de l’album est signée Pipilotti Rist.

Rusconi vernit son hommage à la jeunesse sonique le mercredi 21 avril au Bourg le temps d’une unique date en Suisse romande.