Pastorale psych-pop





Qu’est-ce qui lie indirectement Psychic TV, New York, Spectrum, Mind Expansion Records, Tadpoles, Dean & Britta, Jersey City, HIT, une boulangerie, Cheval Sombre, Bâle et Andy Warhol? Et bien un seul homme avec un CV musical d’au moins trois fois la longueur d’un bras adulte bien proportionné. Cet homme, c’est David Max qui en qualité […]

Qu’est-ce qui lie indirectement Psychic TV, New York, Spectrum, Mind Expansion Records, Tadpoles, Dean & Britta, Jersey City, HIT, une boulangerie, Cheval Sombre, Bâle et Andy Warhol?


Et bien un seul homme avec un CV musical d’au moins trois fois la longueur d’un bras adulte bien proportionné.

Cet homme, c’est David Max qui en qualité de multi-instrumentiste (basse, guitare, claviers, hammer dulcimer, harmonica), chanteur, songwriter, producteur, enregistreur, sillonne les territoires du Rock psychédélique depuis la formation de HIT, combo issu de la NYU qu’il forme en 1989 avec  Nick Kramer.

Quelques concerts-dortoirs avant de rejoindre Tadpoles en 1990, projet du chanteur et guitariste Todd Parker.

Durant toute la décennie nonante, Max sera à la basse et Kramer à la guitare, à la voix et aux effets.

Trois albums studios et un live de sonorités néo-psychédéliques plus tard, un petit succès d’estime de la presse (notamment autour de « Far Out » paru en 1996) et d’un public averti, l’année 2000 annonce pourtant la fin de l’ère Tadpoles.

L’occasion pour Max et Kramer d’exhumer HIT (qui passe du duo au trio avec l’arrivée du batteur de Tadpoles Adam Boyette) et surtout de fonder ensemble MicroRiot Music en 2004, un studio d’enregistrement basé à Jersey City dans une ancienne boulangerie.

Tout en y relançant HIT (sortie en 2001 de « Quosibility » – EP auto-produit -), de nombreux artistes y enregistrent:   Sonic Boom, Psychic TV, Cheval Sombre et Gibby Haynes parmi d’autres.

En 2004 David Max rejoint également la énième renaissance de Psychic TV (renommé alors PTV3) en tant que lead guitariste à la demande de Genesis P-Orridge (leader et membre fondateur).

Il participe à la signature des deux derniers albums en date de Psychic TV (PTV3) : « Hell is Invisible, Heaven is Her/e » (2006) et  « Mr. Alien Brain vs. the Skinwalkers » (2008) qui renouent avec l’âpreté industrielle originelle du groupe.

Entre les enregistrements studios de Psychic TV et les dates de tournée, et dans les interstices de ses nombreuses collaborations – dont une apparition sur l’album de Dean & Britta « ‘13 Most Beautiful… Songs For Andy Warhol’s Screen Tests » (sélection de morceaux, reprises, originaux et remix qui accompagnent les fameux screen tests d’Andy Warhol) sur lequel il y co-compose le titre « It Don’t Rain In Beverly Hills » – , David Max trouve le temps de développer son premier projet solo : David Max And The Sons Of The Void (Nick Suter à la guitare, Marco Näf à la basse, Manny Senn à la batterie et David Max à la guitare et à la voix), groupe formé à Bâle en 2009.

A Bâle? Oui, pour des raisons qu’on ne peut imaginer que personnelles, David Max s’établit à Bâle en 2008.

Il y installe un nouveau studio où, entre autres, Peter Kembel (Spectrum) enregistre son dernier Lp « War Sucks » (2009).

Février 2010 voit donc la sortie de « Simple Psychedelic Pleasures » sur Mind Expansion, label basé à Buffalo (NY) qui fait la part belle à des productions indé, Spacerock, Shoegaze et Rock psyché depuis 1995 (Spectrum, Fuxa, Sukie Ewers, Martin Rev).

13 titres, dont dix originaux et 3 covers ( « Dark Globe » de Keith Barrett,  « The Ship Song » de Nick Cave et « ‘Till Your Well Runs Dry » de Peter Toshes).

Voix réverbérées et pédales d’effets oscillent entre ballades pop vaporeuses et des titres plus électriques s’accompagnant de drones plus lourds, bien que David Max And The Sons Of The Void fraye plus avec un dreamy Folk-rock qu’avec de la Noise Shoegaze.

Genesis P-Orridge tient le violon sur le titre « The Deep End » et Eddie Odowd (Psychic TV/Toilet Boys) et Adam Boyette (Tadpoles/HIT) se partagent plusieurs titres à la batterie.

David Max ne s’offenserait ni ne nierait certainement pas l’évidence des influences de ce premier album – My Bloody Valentine, The Jesus And Mary Chain, Spacemen3, The 13th Floor Elevators – tant il revendique une musique tournée vers l’avenir, mais qui se veut garante d’un continuum et d’une certaine tradition dans l’expression large, et pourtant distincte, du Rock psychédélique…

M.J.