LUKA BLOOM (UK)





Le troubadour nomade Luka Bloom pose sa guitare et son Folk au Bourg le mercredi 28 octobre pour une date unique en Suisse romande. L’occasion de découvrir son dernier album «Eleven songs» et de revenir ici sur la déjà très longue carrière de ce songwriter. Barry Moore aka Luka Bloom n’est âgé que de 14 […]

Le troubadour nomade Luka Bloom pose sa guitare et son Folk au Bourg le mercredi 28 octobre pour une date unique en Suisse romande. L’occasion de découvrir son dernier album «Eleven songs» et de revenir ici sur la déjà très longue carrière de ce songwriter.

Barry Moore aka Luka Bloom n’est âgé que de 14 ans lorsqu’il entame sa première tournée. On est en 1969 et le jeune Irlandais écume les clubs de Folk anglais en première partie de son frère aîné Christy Moore. Il fonde à la même période son premier groupe, les Aes Triplex, entre deux enseignements au collège des Pères dominicains où il est scolarisé. Echappatoire sonore et guitare sèche en terre catholique… Près de quarante ans séparent aujourd’hui Luka Bloom de ces premiers pas musicaux. Cadet d’une grande fratrie de trois frères et de trois soeurs que la mère mélomane initie au piano et au chant, il a toujours baigné dans la musique tout en se forgeant très vite sa propre personnalité musicale. Il écrit des chansons depuis son plus jeune âge et aiguisera rapidement un vrai talent de guitariste. La passion prend rapidement le dessus au terme de l’adolescence lorsqu’il abandonne des études européennes et de Russe pour ne se consacrer qu’à ses
compositions.

«Treaty Stone» paraît en 1978. Ce premier album traite de questions liées à l’injustice et à l’environnement, des thèmes qui l’ont toujours préoccupé, et inclut des titres devenus des classiques de son répertoire. Il tournera ce premier opus dans toute l’Irlande jusque dans le mythique pub le Meeting Place à Dublin, haut lieu des sessions de Folk irlandais durant les années septante et quatre-vingt.

C’est à la suite d’une tendinite qui fera de sérieux dégâts sur la mobilité de sa main, que Barry Moore se voit alors contraint de revoir sa manière de jouer, et de changer son style en se servant désormais d’un plectre. 1979 marque donc un tournant important pour l’artiste, mais ce coup du sort contribuera au final à nourrir son inspiration, lui offrir une reconnaissance nationale (faut-il rappeler combien nul n’est rarement prophète en son pays), et à faire de lui le songwriter adoptif de la Hollande, des Etats-Unis et de l’Australie.

Première distance forcée avec ses acquis musicaux qui l’encouragera à en prendre une autre, choisie, avec l’Irlande qu’il quitte pour la Hollande où il réalisera deux albums «In Groningen» en 1980 et «No Heroes» en 1982. De retour en Irlande en 1983, il fonde et joue dans les «Red Square» formation Post-Punk parmi tant, ou trop d’autres à cette époque. Après trois ans de bons et loyaux services qui lui font réaliser qu’ils ne seront pas les prochains U2, le moment est venu pour Barry Moore de marquer un deuxième grand tournant dans sa carrière.

En 1987, une nouvelle destination lui tend les bras: les Etats-Unis. Nouveau départ, nouvelles rencontres, nouveau tout, alors pourquoi pas une nouvelle identité? En hommage au «My Name Is Luka» de Suzanne Vega et à Bloom du «Ulysse» de James Joyce, Barry Moore devient Luka Bloom, le temps du vol transatlantique qui le conduit à New-York. Décidé à créer sa propre audience, sans le soutien des grandes majors, il enchaîne les résidences dans différents clubs à Washington, New-York et tourne avec The Pogues, The Violent Femmes ou encore The Cowboy Junkies. Il réalise «Riverside» à New-york en 1990.

Retour en Irlande pour enregistrer «The Acoustic Motorbike» en 1991 et reprendre à la surprise générale et enthousiaste de la presse spécialisée et du public, le «I Need Love» de L.L. Cool J’s en 1992. Suivra une grande et longue tournée en Australie avant l’enregistrement de «Turf». En 1993 il est invité à la demande de Lou Reed à jouer à ses côtés, ainsi qu’avec David Byrne et Roseanne Cash pour l’anniversaire du célèbre club new-yorkais «The Bottom Light».

Les tournées internationales s’enchaînent, ponctuées par les compositions et parutions d’albums dont «Salty Heaven» en 1997, un album de reprise «Keeper Of The Flame» en 2000, l’édition d’une sélection de ses classiques parus entre 1975 et 1986, de nouveaux titres originaux sur l’opus «Between The Mountain And The Moon» en 2002, et un album live enregistré à Amsterdam en 2003. «Before Sleep Comes», 9 chansons pour insomniaques, paraît en 2004 avant «Tribe» en 2007.

2008 fut l’année de l’accomplissement et de la reconnaissance avec la sortie de son dernier album «Eleven songs» et celle, remarquée et saluée par le magazine Rolling Stones, de «The Man Is Alive», documentaire retraçant la discrète, mais très talentueuse carrière de ce songwriter. Un univers intimiste et chaleureux fait de délicates influences Country sur des titres comme «East Bound Train» et «I Love The World In Im» ou d’un Folk plus dépouillé sur «One Rose». Un univers qui colle parfaitement avec les premières couleurs de l’automne. Aussi confortable que la petite laine qu’on enfile pour observer le ballet des feuilles dans l’air rafraîchi d’octobre. Bon, on est d’accord, il n’y ni arbres ni feuilles mortes au Bourg, mais fermez les yeux, imaginez et surtout écoutez.