LE DISQUAIRE SUGGÈRE





Que se mettre dans le trou de l’oreille avant l’été ? Ce mois-ci, Eline de Disc-à-Brac sélectionne pour vous : Le box rééd desuperluxe Matt Elliott « Drinking Songs / Failing Songs / Howling Songs / Failed Songs » 7lp / 4cd, Ici d’ailleurs, 2010 Monsieur Elliott fait partie des rares artistes qui savent changer radicalement leurs moyens d’expression sans jamais […]

Que se mettre dans le trou de l’oreille avant l’été ? Ce mois-ci, Eline de Disc-à-Brac sélectionne pour vous :

Le box rééd desuperluxe
Matt Elliott « Drinking Songs / Failing Songs / Howling Songs / Failed Songs »
7lp / 4cd, Ici d’ailleurs, 2010

Monsieur Elliott fait partie des rares artistes qui savent changer radicalement leurs moyens d’expression sans jamais ébranler leur essence. Après une dizaine d’années passées à maltraiter la scène electro anglaise avec son projet darkdrumjungle Third Eye Foundation le sieur s’est exilé un peu partout en Europe pour en tirer la substantifique moelle du songwriting le plus séculaire pour en faire quelques poignantes dizaines de chants sacré. Entre prières qui cherchent l’espoir, pamphlets d’un révolté éternel et messes noirissimes les trois albums parus entre 2005 et 2008 sont autant de preuve de l’intégrité du bonhomme. Une voix de plus en plus maîtrisée est accompagnée d’instruments traditionnels, et son folk se magnifie sous l’influence des musiques traditionnelles slaves, tsiganes et méditerranéennes. Les trois albums originaux sont accompagnés ici d’une collection d’inédits dans un emballage de grand luxe, la version vinyle du box n’offrant pas moins de sept 12’’ de couleur chacun dans une pochette imprimée, le tout accompagné d’un coupon de téléchargement. Excusez du peu.

La nouveauté
Marvin « Hangover The Top »
cd / lp, Africantape, 2010

Derrière ce très mauvais jeu de mot se dévoile le 2ème album des nouvelles stars françaises du boucan organisé. Match nul. Marvin, trio — amen — de Montpellier, a su séduire le public toujours grandissant des plages d’Espagne et d’Italie, des squats suisses et allemands et des basements londoniens à la force d’un poignet qu’il a musclé et d’une ténacité peu commune. Au fil des concerts, Emilie, Fred et Greg ont balancé leur electro-rock qui ne ressemble pas à de l’electro-rock mais plutôt à du rock. Hargneux comme celui de Biafra, ludique comme celui Devo, synthétisé comme celui de Trans Am, torché comme celui de Don Cab, groovy comme celui de Shellac et énergique comme celui de Marvin. Et de Marvin uniquement. Miam. Hangover The Top c’est la gueule de bois des boulimiques présentée sur son lit de visuel à couper les paupières, dans son coulis de prod à trancher les tympans et c’est bon. Une guitare, des synthés, une batterie, quelques lignes vocodées. On en redemande. Soif. Soif. Soif !