LE CABARET TASTEMOT





Enfant, je me souviens que des adultes qui me semblaient très sérieux, venaient une fois par mois chez nous, à un rendez-vous que mes parents appelaient: «le club de lecture». De la porte entrouverte de ma chambre, des effluves de tabac y pénétrant, je pouvais les entendre parler et débattre des heures sur des choix […]

Enfant, je me souviens que des adultes qui me semblaient très sérieux, venaient une fois par mois chez nous, à un rendez-vous que mes parents appelaient: «le club de lecture». De la porte entrouverte de ma chambre, des effluves de tabac y pénétrant, je pouvais les entendre parler et débattre des heures sur des choix de lectures qu’ils partageaient et qui me berçaient. C’est certainement lors de ces rencontres que j’ai compris que la lecture est un plaisir et une nécessité qui se partage. Puis au fil du temps, ces rendez-vous se sont faits rares, pour
finalement ne plus avoir lieux du tout… Si dans mes souvenirs la lecture était quelque chose qui se partageait dans la sphère privée, voire autour d’un verre dans un café, elle se partage aussi publiquement, preuve en est le cabaret TasteMot en a fait un rendez-vous mensuel, et fêtera ses 3 ans d’existence, le temps de leur saison 2009-2010, dans les murs du Café-Théâtre le Bourg, tous les derniers mardis du mois.

TasteMots? Au commencement… c’est justement sur la terrasse d’un café, à parler littérature, qu’Ahmed Belbachir et Pierre Louis Péclat regrettaient le temps où des rencontres festives autour d’auteurs et de textes existaient; le «Crachoir» était mort. C’est par hasard, alors que les regrets faisaient place à l’envie de créer à nouveau quelque chose, qu’un troisième passionné, Domenico Carli, se joint à eux. De fil en aiguille, au gré de rencontres et de contacts établis autour de cette envie commune de faire partager publiquement leur amour des mots, que le Cabaret TasteMot voit le jour…

Loin de l’image vieillie que je pouvais me faire de ces rencontres, le cabaret TasteMot dépoussière le genre. Si l’objectif de ces rendez-vous littéraires est de promouvoir la lecture publique d’auteurs suisses sans exclure les apports extérieurs, c’est également un rendez-vous festif pluridisciplinaire: comédiens, metteurs en scène, musiciens et encore… s’imprégneront de ces textes et créeront des univers surprenants.

Voilà une fenêtre qui s’ouvre sur le monde proche, et passant de l’exercice privé à la scène, un joli florilège de femmes et hommes de lettres de la région, vous feront découvrir leurs voix et leurs meilleures lignes, rien que pour vous, jusqu’à pousser la chansonnette.

En effet, le mardi 27 octobre, le premier lever de rideau sur le cabaret TasteMot débutera en musique. Une quinzaine d’auteurs et comédiens chanteurs (C. Berthet, C. Hammel, J.-P. Favre, J. Probst, P. Naegeli, E. Vullioud, R. Vouilloz, M. Budde, D. Carli, P.L. Péclat, et encore…) seront accompagnés par les musiciens Lee Maddeford et Gérald Péréra qui parcourront en votre compagnie la face… la voix cachée et souvent surprenante des écrivains.

Le 24 novembre, vous pourrez découvrir une autofiction politique et poétique sur la naturalisation en Suisse: entre stigmatisation et espoir! «Flux Migratoires» de Luisa Campanille sera lu par Nathalie Boulin et mis en espace sonore par David Scrufari.

Seront également invités, tout au long de cette saison 2009-2010 et chaque dernier mardi du mois, Janine Massard et Pierre-Yves Lador, Jacques Probst, Jeanne Labrune et Denis Guenoun, Denis Lavant, Patrick le Mauff et Martial Leiter, entre autres. A ne pas manquer au mois de mai, une soirée hommage à Maurice Chappaz – lecteurs Edmond Vullioud, Roland Vouilloz, Hélène Cattin– orchestrée par Pierre Louis Péclat. Le festival Ecrivains et Presse clôturera la saison en juin, avec Anne-Sylvie Sprenger, Christophe Gallaz, Jean-Louis Kuffer, Jacques-Etienne Bovard, suivi de «la très grande et très fameuse conférence de Pascal Nordmann et Ahmed Belbachir sur les auteurs dramatiques et leur tragique destin».

L’entrée au TasteMot est gratuite, afin que toutes et tous puissent venir, simplement pour le plaisir des mots.