Le Berles Rock Festival n’existe pas





La conjonctivite n’existe pas. Pas plus que l’insémination artificielle, la vanité, l’orgueil ou la sclérose en plaque. La trisomie n’existe que par la séduction et l’obsession par la radio-activité. Dieu n’existe que par contamination, les chiens et les chats sont des liquides et l’être humain, lui, n’existera jamais. Il est vraisemblable que pour certains des lecteurs qui s’emploient ici à parcourir ces lignes, le […]

La conjonctivite n’existe pas. Pas plus que l’insémination artificielle, la vanité, l’orgueil ou la sclérose en plaque. La trisomie n’existe que par la séduction et l’obsession par la radio-activité. Dieu n’existe que par contamination, les chiens et les chats sont des liquides et l’être humain, lui, n’existera jamais. Il est vraisemblable que pour certains des lecteurs qui s’emploient ici à parcourir ces lignes, le BRF n’existe pas. C’est en ce sens qu’il semble par analogie nécessaire de prendre en compte cette réalité infatigable: pour la majorité des spécimens affiliés à l’espèce humaine qui encombre spacieusement la surface du globe et pour certains renards et hérissons, le BRF n’existera jamais.
L’association de cette évidence et d’une idée sans cesse vérifiée qui dira que la majorité a toujours raison, permet de déduire qu’objectivement et unilatéralement; le BRF n’existe pas.
Ainsi, par une agréable extension, il pourrait être entendu que si pour cette même majorité d’êtres humains, de renards et de hérissons, John Zorn, Olivier Messiean, ou Arto Lindsay n’existent pas plus que Glenn Branca, Keiji Haino, ou Karlheinz Stockhausen, ces derniers, dans un absolu incontestable, n’ont jamais existé.
Quelle gifle… Si nous poursuivons donc cette ascension, le BRF pourrait tout autant être un enfant chauve-muet de trois ans courant nu sur une autoroute qu’un type qui tombe sans cesse du 14e étage de son immeuble; il peut être ce que bon lui semble, rare privilège de ne pas exister.
Aux éventuels sceptiques qui avanceront que ces théories ne sont qu’hérésie et qu’ils ont eux-mêmes vu de leurs propres yeux le BRF vivre en leur présence, il pourra être avancé qu’eux non-plus, contre toute vraisemblance, n’ont jamais existé, car eux non-plus, face à une majorité qui préférera les ignorer, n’existeront pas.
Dans cette liberté d’action inconditionnelle où il est désormais convenu que plus rien n’existe vraiment, il pourra être avancé ici, parmi d’autres hypothèses, que le BRF, qui rappelons-le, n’existe pas et pour la 8e fois d’ailleurs, pourrait prendre place les 30 & 31 juillet prochains à Denens, offrir une ligne de bus spéciale et presque gratuite au départ de Lausanne et proposer au total 12 concerts et performances pourun prix dérisoire parmi lesquels, de manière laconique et partiellement cryptée : un parterre quadriphonique, un mécanicien français, plein d’autres Français, dont certains habitués, quelques accordéons (!), énormément d’amour et de violence, un trio de guitare augmenté en clôture, une pelle mécanique et entre autres, un peu de pluie en prime.
Les traitements capillaires n’existent pas. Pas plus que le réchauffement climatique, Daniel Brélaz ou le canton d’Uri. La vasectomie n’existe que par la perte de contrôle et la réalité par le parmesan. Jésus n’existe que par conjugaison, l’univers est un nombre impaire et quoi qu’il nous apparaisse ici, le Bourg et son journal n’existent pas non plus.
Au soir du 9 avril, dans les murs colorés du Bourg, l’équipe du BRF vous convie à une performance publicitaire épileptique célébrant la présentation en primeur de son programme 2010, le tout appuyé du collectif Vague DJ’s et de DAN.