James Chance





Sax Maniac , version française A l’occasion de la sortie d’un nouvel album, le représentant le plus marquant et décalé de la no wave est en mini-tournée européenne: Paris, Metz, Lausanne, Francfort et Londres: That’s all Folks ! Avec son grand retour, amorcé déjà en 2003 lors de la parution de l’album rétrospectif Irresistible Impulse […]

Sax Maniac , version française

A l’occasion de la sortie d’un nouvel album, le représentant le plus marquant et décalé de la no wave est en mini-tournée européenne: Paris, Metz, Lausanne, Francfort et Londres: That’s all Folks !

Avec son grand retour, amorcé déjà en 2003 lors de la parution de l’album rétrospectif Irresistible Impulse sous le label Tiger Style, James «Siegfried» Chance, alias James White, enchaîne les tournées, tient la scène et ne la lâche plus. Son prochain album The Fix is In sort ce mois, mais pas seulement: le filet est garni d’un DVD de 30 minutes, extrait du film de sa tournée européenne de 2008. On y retrouve ses Contorsions et ses vociférations, ainsi que Vincent Gallo, qui, en fan invétéré, fait aussi partie du bagage.

Originaire de Milwaukee et formé au conservatoire, James White s’installe en 1976 à New-York. Il n’a que 23 ans, mais ne tarde pas à devenir une figure emblématique de la scène Underground New-Yorkaise. Actif aussi bien dans le free jazz que dans le punk rock, il crée son style, unique et inclassable: une fusion punk de jazz et de funk qui le place dès la fin des 70’s en tête de file du mouvement no wave.

Révélé en 1978 par la compilation No New York de Brian Eno, James Chance est lancé et quitte le groupe qu’il a fondé avec Lydia Lunch, Teenage Jesus And The Jerks. Il change de nom, devient James White, le James Brown blanc, pour se consacrer à son groupe : The Contorsions. Dès lors, James White impose sa marque en incluant une rythmique résolument funk à son style agressif.

James White est un punk. Il travaille sa musique en totale irrévérence pour le jazz classique et le rock lissé, sans pour autant cacher son admiration pour Ornette Coleman ou James Brown. Et voilà bien une particularité qui le distingue du mouvement no wave, car on perçoit presque une approche académique chez cet anti-conformiste notoire. James Chance connaît son instrument et s’il rejette les standards, il n’en est pas moins un excellent musicien… et n’en attend donc pas moins de ces compagnons de scène. Une exigence qui peut surprendre pour une des figures emblématiques d’un mouvement musical qui n’attachait pas forcément d’importance à ce type de compétence. Cela ne l’empêchera pourtant pas de composer un des hymnes incontournables de la no wave: Contort Yourself.

James White vient de traverser trois décennies sans rien perdre de son énergie légendaire. Et même s’il ne sautera plus dans le public pour assommer une tête qui ne lui revient pas, l’homme sait toujours imposer le respect, par son sax déchaîné et sa voix rugissante. James Chance a retrouvé le nom de ses débuts, mais s’accompagne désormais de Contorsions européens; les trois musiciens rennais de sa
dernière formation.