JACOB BENDJAMA – SEBASTIEN LESEIGNEUR – BALTHAZAR LOVAY – JEROME PFISTER





Quand le monde ne se laisse plus saisir en direct mais par le filtre du tourbillon technologique, l’exercice de la représentation se situe souvent hors cadre et la reproductibilité à l’infini développe des racines grimpantes… À noter également l’enregistrement automatique des phénomènes qui se manifestent par la présence de l’orifice s’interposant. L’oeil se dédouble, se démultiplie et l’image devient prétexte. Ce que l’on […]

Quand le monde ne se laisse plus saisir en direct mais par le filtre du tourbillon technologique, l’exercice de la représentation se situe souvent hors cadre et la reproductibilité à l’infini développe des racines grimpantes… À noter également l’enregistrement automatique des phénomènes qui se manifestent par la présence de l’orifice s’interposant. L’oeil se dédouble, se démultiplie et l’image devient prétexte. Ce que l’on voit surtout est cet oeil qui se produit luimême, comme une vaste aberration délimitant des champs d’actions.

Ainsi des feuilles de magazine que Jérôme Pfister semble avoir arrachées au hasard et dispersées en agrandissements sur les murs. Chaussures, voitures, publicités diverses déchirées, triées et altérées scrupuleusement. Des articles laissés pour compte, qui partent à la dérive en épures de nos consommations factices. Restent des états d’âme languissants d’Ailleurs plus miraculeux…

Vanités. Balthasar Lovay réalise à un rythme soutenu et en nombre, des dessins énergiques où la saisie de l’hallucination s’impose comme ultime vision. Aspirant la rétine, le cerveau retranscrit le geste comme une machine à la régularité chaotique et impulsive. Sans nouvelles des étoiles, autant vivre sans temps mort et tracer sans entrave!

Sébastien Leseigneur nous propose lui, la jungle comme autre situation. Après l’atelier de l’artiste, quand il compilait en zones autonomes le territoire de Jacob Bendjama, voici qu’il arpente maintenant une nature à la pointe de l’exotisme. Enregistrement high-tech pour l’exploration de clichés associés. On imagine des abîmes de luxuriance et des trous béants en guise de peintures projetées sur les murs.

Chez Jacob Bendjama enfin, l’hypertrophie du geste, son exagération, exaspère les objets familiers en monstres d’outre-tombe. Ses livres bavent de récits cryptés en forme d’excroissances. Des méduses goinfrées de roues de bicyclettes et de machines à laver. L’économie du déchet a son histoire (de l’art) et se gargarise de ses beaux restes.

Reproduction, consommation, assimilation, contextes…

Le Freistilmuseum porte loin et le plus beau est certainement à venir.