HELL’S KITCHEN (ch)





Neo-blues agité et infernal avec la présentation de « Dress To Dig », dernier menu fraîchement inscrit à la carte des Hell’s  Kitchen. Ça va taper sec du talon à l’écoute du genre revisité à la sauce du trio genevois : crooner énervé, rythmes martelés, et distorsions post-industrielles. Des ingrédients qui réunissent un Blues qui se frotte […]

Neo-blues agité et infernal avec la présentation de « Dress To Dig », dernier menu fraîchement inscrit à la carte des Hell’s  Kitchen.

Ça va taper sec du talon à l’écoute du genre revisité à la sauce du trio genevois : crooner énervé, rythmes martelés, et distorsions post-industrielles.

Des ingrédients qui réunissent un Blues qui se frotte à un Rock racé et à l’âpreté des stridences Punk sans négliger par moment une certaine lascivité – crasse, hypnotique et lancinante.

Sur ce nouvel opus, un quatrième suppôt a enfilé la toque cornée:   Rodolphe Burger, ex Kat Onoma qui a réalisé (entre autres) le dernier Higelin, un album de James Blood Ulmer et a collaboré avec feu le gigantissime Bashung. Là, Rodolphe Burger s’est appliqué à relever l’assaisonnement en co-réalisant durant la phase de mixage les douze titres de « Dress To Dig ».

Il vernissait « Mr Flesh » au Bourg en novembre 2009 et c’est donc en plat de résistance que le Bourg, insatiable, les accueille à nouveau en ce début juin pour vernir cette dernière orgiaque parution.

L’album aurait aussi bien pu s’appeler « Dress To Gig » tellement la performance scénique et les traitements soniques de ces trois bougres appellent au lâcher prise et au lâcher des corps.

C’est débraillé, ça déraille et ça c’est le secret d’une mayonnaise qui prend, infailliblement,  grâce à l’émulsion de la guitare et du chant de Bernard Monney, de la classique batterie autant qu’aux percussions home-made (poêle à frire, verre, chaise de jardin, couvercles de poubelle, washboard, tambours de machine à laver) de Cédric Taillefert et de la contrebasse de Christophe Ryser.

Cette cuisine abrasive fait son chemin depuis plus de dix ans et s’exporte admirablement aux quatre coins de l’Europe et même outre-Atlantique où les maîtres du genre reconnaissent sans complexes que le renouveau du Blues : c’est Made In Europe !

Blues pas Cajun donc, mais genevois, écumé diaboliquement dans un chaudron bouillant d’une énergie primaire, de cris, de hululements et de diffractions sonores.

P.S.

www.hells-kitchen.ch

www.myspace.com/hellskitchenblues