EUGENE ONEGUINE





A LA MANUFACTURE, DOUZE PRESQUE DIPLÔMÉS PRÉSENTENT : EUGENE ONEGUINE D’Alexandre Pouchkine Avant de se présenter au Centre Culturel Suisse à Paris, douze étudiants au terme de leur formation à la Manufacture, vous invitent à venir tuer le temps en compagnie de Pouchkine, en suivant l’histoire d’Onéguine et de Tatiana, comme si vous étiez au […]

A LA MANUFACTURE, DOUZE PRESQUE DIPLÔMÉS PRÉSENTENT :
EUGENE ONEGUINE D’Alexandre Pouchkine

Avant de se présenter au Centre Culturel Suisse à Paris, douze étudiants au terme de leur formation à la Manufacture, vous invitent à venir tuer le temps en compagnie de Pouchkine, en suivant l’histoire d’Onéguine et de Tatiana, comme si vous étiez au bord d’un feu, lors d’une longue soirée d’hiver russe.

Il paraît qu’il est inutile de demander à un Russe qui est le plus grand poète ni quel est le plus beau poème jamais écrit, c’est une question idiote. André Markowicz, russe de Saint-Pétersbourg, comme notre héros Onéguine, en est persuadé, et traduit les vers du grand poème de Pouchkine depuis l’âge de 17 ans. Cela a occupé une bonne partie de sa vie, et il sait déjà que c’est sa grande oeuvre de traducteur. Ce n’est pas un texte écrit pour le plateau, c’est un roman en vers, mais je suis toujours étonné de constater à quel point cela fait théâtre, combien le récit est simple à suivre, combien ce texte, jouant de tous les niveaux, passant du grave au léger, est d’une si grande oralité.

Le poème trace la vie d’Eugène Onéguine, qui refuse l’amour de la jeune Tatiana, tue en duel son ami Lenski, trompe son ennui et le temps qui passe, sans succès, en devenant propriétaire terrien, laisse filer les années. Il finit par rentrer à Moscou où il retrouve Tatiana devenue une des femmes les plus prisée du grand monde. Il reconnaît la jeune fille qu’il avait dédaignée et tombe follement amoureux. Elle l’aime encore, mais il est trop tard, elle est mariée, et n’a plus la naïveté de la Tatiana d’antan.

L’intrigue est simple, mais le poème est infiniment plus riche et complexe que cela. Pouchkine ne cesse de digresser à loisir, parler de son amour pour les petons des femmes, pour le rumsteack, le Bordeaux, et les joies de l’oisiveté. Au-delà, c’est bien un grand texte sur l’amour qui occupe nos vies et la froideur intérieure qui nous guette, sur l’hiver qui approche dangereusement.
L’adresse est simple, directe. Il s’agit pour le comédien d’être plus dans l’art du récit, voire parfois du conte, que de jouer un personnage, et de faire sonner ce texte en octosyllabe, qui est une pure merveille.