En voiture Simone !





Deuxième édition En route joyeuses troupes !!! «J ’ai un zizi pour faire pipi et un endroit pour faire caca, toi tu as un endroit pour faire caca, et un autre qui ne sert à tien.» Refrain chanté par un petit garçon de six ans à une petite fille de son âge, extrait de « Du côté des […]

Deuxième édition
En route joyeuses troupes !!!

«J ’ai un zizi pour faire pipi et un endroit pour faire caca, toi tu as un endroit pour faire caca, et un autre qui ne sert à tien.»
Refrain chanté par un petit garçon de six ans à une petite fille de son âge, extrait de « Du côté des petites filles » de Elena Gianini Belotti, Editions Des Femmes, Milan, 1974, p. 165.

«En voiture Simone !» annonce le retour des Filles Affranchies en Femmes Affranchies ! pour un rendez-vous bimestriel au Bourg.

Impliquées et concernées par des sujets féministes, « En voiture Simone ! » propose des conférences sans pour autant dénier humour et fraîcheur. Elles ont démarré en février avec une réflexion sur le genre dans la publicité et reprennent la route ce mercredi 14 avril en faisant la lumière sur la construction sociale différenciée du féminin et du masculin.

Développer « une plateforme d’échanges et des rencontres culturelles destinées à la communauté lesbienne lausannoise », c’est de cette volonté et sous l’impulsion entre autre de Pauline Martinet que Les Filles Affranchies voient le jour en 2004.

«Ouvertes à toutes les femmes, sans distinction de leurs affinités sexuelles», Les Filles Affranchies organisent des soirées, montent un site internet très actif, et proposent un agenda culturel riche et régulier.

Implication exigeant du temps et beaucoup d’énergie, Les Filles Affranchies cessent leurs activités durant l’été 2008, et ce malgré le succès de leurs événements. Ne subsistent alors que les soirées «Kill Your Idols» proposées régulièrement au Romandie et dont quinze éditions ont déjà permis aux Filles Affranchies de fouler dans l’allégresse le plancher du dancefloor.

Parallèlement, leur conscience s’aiguise et leur engagement politique se raffermit progressivement. Les filles deviennent femmes : grandies, mûries et mesurant tout ce qui n’est pas encore acquis la persistance des inégalités et la voie qu’il reste à creuser vers une société détrônant l’universel masculin; il est temps de faire place à la réflexion. Si les bras restent levés vers le ciel, le poing se referme.

Le collectif s’adresse désormais aussi bien «aux filles qui dansent, qu’aux femmes qui pensent».

Si le rock reste le domaine des Filles Affranchies, la discussion devient celui des Femmes Affranchies, mais avec un dénominateur qui reste commun : la légèreté et le bon temps partagé. Alors quand Pauline Martinet, accompagnée de Leatitia Bucher et de la «responsable ès intellectuelle» Stéphanie Pahud (comme se plaît amusée à la nommer Pauline), frappe à la porte du Bourg pour nous présenter son projet « En voiture Simone ! », un cycle de conférences bimestriel ponctués de projections, de lectures, de concerts et Djs sets, c’est sans l’ombre d’une hésitation qu’on a pris la route.

«En voiture Simone !» fait évidemment référence à Simone de Beauvoir, mais aussi à Simone Louise de Pinet de Borde des Forest, première femme pilote automobile dont l’expression est directement associée.

Une autre manière de dire «Allez, on y va !» et d’ouvrir ici précisément les esprits sur une réalité encore trop souvent masquée, contournée qui alimente et maintient pourtant un équilibre des forces désavantagé.

Pour cette deuxième édition intitulée «On ne naît pas femme…ne le devenons pas», référence clin d’oeil au sociologue Eric Macé qui écrit «Puisqu’on ne naît ni ‹ femme ›, ni ‹ homme ›, ni ‹ hétérosexuel ›, ni ‹ homosexuel ›, NE LE DEVENONS PAS !», «En voiture Simone !» invite Lulia Hasdeu, maîtreassistante et docteure en Anthropologie et Jelena Ristic assistante diplômée en Lettres de l’Université de Lausanne.

Contre le backlash entretenu par les féministes essentialistes défendant l’idée d’une nature féminine scellant le destin des femmes à des qualités innées, la conférence de ce soir tentera inversement de construire son propos à partir des thèses des féministes constructivistes et égalitaristes, qui démontrent à bien juste titre que les identités féminines et masculines ne sont pas le résultat de différences biologiques, mais bien celui de construits sociaux et d’une socialisation proprement différenciée entre hommes et femmes.

La soirée sera introduite par la projection du film documentaire «exclusif et impertinent» «Etre femme ?» dont le contenu sera dévoilé au moment même de la projection.

La soirée se poursuivra, au terme de la conférence, par une sélection de disques proposée par Pauline Martinet aka Messaline, percée dans de douces et sexy mélodies sixties.

Ouverte à toutes et à tous, «En voiture Simone !» vous embarque pour un périple conscient et juste, vers un ordre qu’il reste à établir.