ED LAURIE





Non, non, non, Ed Laurie ne fait pas dans le sportswear archi bariolé ou über strassé, et n’est assurément pas mon cousin, mais bon passons. Ed Laurie, (à ne confondre ni avec Don Ed Hardy, tatoueur légendaire Californien dont le nom est aujourd’hui tristement associé à la marque Ed Hardy du Jean-Claude Van Damme de […]

Non, non, non, Ed Laurie ne fait pas dans le sportswear archi bariolé ou über strassé, et n’est assurément pas mon cousin, mais bon passons.

Ed Laurie, (à ne confondre ni avec Don Ed Hardy, tatoueur légendaire Californien dont le nom est aujourd’hui tristement associé à la marque Ed Hardy du Jean-Claude Van Damme de la mode Christian Audigier, ni à confondre avec mon cousin Lauri qui lui est un fan inconditionnel d’Elvis Presley et de Country Music et pour qui, « sans la musique, la vie serait une erreur » (Nietzsche)…), Ed Laurie est un songwriter anglais qui, a trouvé un port d’attache de l’autre côté de la Manche auprès du label français Tôt ou tard. Adopté par cette famille française, tout comme avant lui Lhasa, Patrick Watson, Peter Von Poehl ou Yael Naim, Ed Laurie fait partie de ces apatrides du songwriting pour qui les frontières musicales n’ont pas de limites, et dont les balises du folk sont pourtant leurs repères d’origine.

Ed Laurie… une rumeur de marins raconte qu’un jour après une nuit bien arrosée, le rocker qui était en lui s’est noyé. Tel Phénix qui renaît des ses cendres, soulagé de ses incertitudes de jeunesse, il se reconstruit une nouvelle jeunesse en chansons.

Sa virginité à nouveau perdue et après un EP de 7 titres autoproduit en 2006, il est approché par Tôt ou tard, avec qui il édite son premier album « Small boat big sea » (2009) dont les plages sont autant de petites renaissances empreintes de lyrisme et d’exotisme discret.

La guitare est sa compagne de route et ses sources d’inspirations : Cesaria Evora ou Jacques Brel, Django Reinhardt ou Chet Baker le guident dans chacune de ses compositions, qui au demeurant restent admirablement personnelles et modestes. A l’écoute, Ed Laurie est bien loin de la folk anglaise traditionnelle. Accompagné par le guitariste et clarinettiste Manuel Randi et le percussionniste Andrea Polato, tous deux Italiens d’origine, son univers musical est autant emprunt de sonorités latines folk qu’à ses sources nord américaines.

Nourri au Fado portugais et à la Morna capverdienne, sensible aux charmes empoisonnés de la mélancolie brésilienne, mais également nourri par la littérature (l’Etranger de Camus ou encore les poèmes de Fernando Pessoa), il serait réducteur de dire d’Ed Laurie qu’il est un mélancolique, style cher au genre de la musique folk. A en croire les retours de ses concerts en France, il n’hésite pas à « raconter des histoires en français, à faire part de sa joie de chanter des chansons mélancoliques et de son goût prononcé pour la littérature qui l’inspire fortement. »

Si, fort de son succès d’expatrié, Christian Audigier est selon le magazine Elle l’homme le plus heureux du monde, Ed Laurie, avec toute la modestie qui le définit et sans autres mesures, devrait lui aussi faire un carton, en tout cas, c’est ce qu’on lui souhaite.