DUSTIN WONG (US)





Plus connu en tant que membre du groupe Ponytail, dont un nouvel album « Ponytail Has Not Broken Up » est à paraître ce printemps, Dustin Wong sera sur la scène du Bourg le 21 avril avec son projet solo. Ce natif de Hawai, dont l’enfance s’est déroulée au Japon, s’est instinctivement tourné vers l’art et la […]

Plus connu en tant que membre du groupe Ponytail, dont un nouvel album « Ponytail Has Not Broken Up » est à paraître ce printemps, Dustin Wong sera sur la scène du Bourg le 21 avril avec son projet solo.

Ce natif de Hawai, dont l’enfance s’est déroulée au Japon, s’est instinctivement tourné vers l’art et la musique, afin d’échapper à l’éducation scolaire chrétienne de son école, dont il ne partageait ni l’austérité, ni la rigueur dogmatique imposée. Comme aucun canal radio ne diffusait du rock à l’époque, c’est dans la discothèque de son père qu’il découvre Jimmy Hendricks, précieuse ressource vitale. Adolescent, c’est la découverte du punk qui lui ouvre les portes de sa rébellion contre la voie unique de la pensée chrétienne. Il fera voeux d’indépendance après avoir vu Easy Rider avec en toile de fond son désir trivial et quasi mystique d’exploration intérieure.

Puis ce sera vers de nouvelles icônes que Dustin Wong se tournera, des artistes qui réussissent à partager leurs explorations intérieures et à sublimer leurs pensées offrant à celui et à celle qui les écoute une expérience intime: Brian Wilson, Brian Eno, John Fahey et d’innombrables musiciens de musiques électroniques qui remplissent son âme d’un profond sentiment de sérénité et de sécurité.

C’est durant l’été 2009 qu’il lui est proposé de faire un concert solo, alors qu’il n’avait encore jamais composé de morceaux, ni joué seul auparavant. Emballé par cette proposition, il s’inspirera du processus créatif de John Fahey qu’il cite volontiers : « Je jouais de la guitare, mais j’entendais un orchestre dans ma tête ». Comme une évidence, ce processus s’ancre dans l’oeuvre naissante de Dustin Wong. Avec une simple guitare et  un entrelacs de pédales qui lui permettent tour à tour de former son propre orchestre en couches successives: octaves, distorsions, boucles, polyrythmie : d’une simple mélodie de départ, c’est une véritable symphonie électroacoustique qui se dévoile au fil des mesures. Bien que dans un seul morceau  les textures de sons varient considérablement, les mélodies qui en résultent ne sont jamais cacophoniques, mais tissent des toiles harmoniques qui se superposent de manière évolutive.

« Infinite Love », son premier opus qui se présente comme un double album a été conçu avec cette idée de voyage. Un rail, fil conducteur, avec différentes pistes de sons dans lesquelles on se perd et on se retrouve. Chaque disque a la même ouverture, mais prend des voies différentes : à nous de choisir laquelle on veut prendre, avec l’assurance de se retrouver au bout du chemin.

Le voir sur scène présage une expérience cathartique.

Et « Infinite Love » édité sur le label Thrill Jockey est certainement un des plus bel album de ces dernières années.

I.J.M

www.myspace.com/dustinclarence