DELIRES ET DES LETTRES





UN LIVRE TOUT SIMPLEMENT Entretien avec Monique Jean-Jean, auteure de «Poker Mama», chez Tapis Vert Le journaliste — Monique Jean-Jean, Bonjour, vous venez de publier « Poker Mama, la vie d’une mamie pas comme les autres » chez Tapis Vert, une autobiographie haute en couleur dans laquelle vous revenez sur près de soixante ans… Monique Jean-Jean — Soixante […]

UN LIVRE TOUT SIMPLEMENT

Entretien avec Monique Jean-Jean,
auteure de «Poker Mama», chez Tapis Vert

Le journaliste — Monique Jean-Jean, Bonjour, vous venez de publier « Poker Mama, la vie d’une mamie pas comme les autres » chez Tapis Vert, une autobiographie haute en couleur dans laquelle vous revenez sur près de soixante ans…
Monique Jean-Jean — Soixante ans vous vous rendez compte !

– … Soixante ans, Monique. Toute une vie consacrée exclusivement au poker et à ses à-côtés, alcool, tabac et autres addictions indispensables, dites-vous, pour faire carrière. Monique Jean-Jean ?
Oui, c’est sûr. Je veux briser les clichés. Je fume trois paquets par jour depuis l’âge de vingt ans.
– Et vous avez quatre-vingt ans aujourd’hui, Monique.
– J’en ai quatre-vingt et je me porte très bien.
– Vous êtes sûre ? Pourtant vous êtes tombée malade, il n’y a pas si longtemps.
– Offfh, oui c’était terrible ça.
– Vous avez fait neuf mois d’hôpital, hein, je le rappelle quand même.
– J’étais à Monte-Carlo, et je m’écroule sur le tapis vert…
– Oui…
– Mon médecin me réveille, il me dit « Madame Jean-Jean ? » Je lui dis « Oh ben ça c’est rien, c’est la fatigue. » C’était pas un coup de fatigue, c’était une thrombose… avec une oreille bouchée.
– Une thrombose ! Quand même Monique Jean-Jean, c’est pas anodin.
– Oui, ben c’est à cause de la ventilation dans le car. Maintenant c’est plus comme avant. Avec toutes ces saloperies qu’on ingurgite, forcément on tombe malade. Ça a rien à voir avec les cigarettes, jeune homme.
– Enfin, c’était un mal pour un bien – si on peut dire – puisque ces neuf mois d’immobilisation à l’hôpital vous permettent d’écrire votre autobiographie « Poker Mama, la vie d’une mamie pas comme les autres » dont je vais lire un court extrait: « Dans la vie, faut pas s’en faire comme disait la chanson. C’est le seul credo qui m’a suivi toute ma vie durant, et j’en ai vu, croyez-moi. Dans ce milieu de cabochards, de vaniteux m’as-tu vu, de cloportes où on ne rencontre pas tous les jours des gens bien…
– Des salopards, oui…
…la seule force qui vous tient ferme comme une cheminée, c’est la passion du hasard. »
– …
– Alors Monique Jean-Jean, vous qui êtes une pionnière dans le poker, vous qui avez gagné en août 64 le premier mondial de Vegas de Poker…
– Une… une… co… Pardon ?
– Vous qui êtes une pionnière Monique, une pionnière du Poker.
– Oui, ben oui…
– En août 64 vous gagnez le premier mondial de Vegas de Poker avec la somme – je le rappelle parce qu’aujourd’hui ça va faire sourire –… vous avez gagné cinq dollars.
– A l’époque, on jouait avec un bout de ficelle.
– Et aujourd’hui, qu’est-ce que vous pensez de cette passion soudaine pour le poker, Monique Jean-Jean ?
– C’est comme partout, c’est l’argent qui envahit. Maintenant, on ne joue plus par passion, on joue pour se faire du pognon. A mon époque, on était pauvre, mais heureux, la passion nous tenait. Maintenant, le fric a tout pourri, jeune homme.
– Mais vous gardez quand même cette envie de jouer au poker, et vous jouez avec des jeunes de la nouvelle génération ?
– Je suis une passionnée, j’essaye d’inculquer quelques trucs que j’ai un peu glanés au travers des âges. Je me décourage pas. Et souvenez-vous : Quand le moral va, tout va. Et c’est ça qui compte, c’est pas la santé, c’est le moral.
– Le moral et la passion, Monique, hein ?
– Oui, c’est ça…
– Et vous êtes un être passionné d’une vivacité incroyable…
– Je suis toujours cette jeune fille curieuse que j’étais y a… euh… et ben y a un moment…
– Oh y a pas si longtemps, Monique. Cette jeune fille, elle est encore dans vos yeux quand vous me regardez à cet instant.
– Aaah oui…
– Y a toujours cette flamme à l’intérieur…
– Vous êtes gentil.
– Non, non. Monique.
– Vous savez parler aux femmes.
– Eh bien, merci Monique. On va pas vous retenir plus longtemps parce que je sais que vous partez maintenant à Monte-Carlo…
– Ouais, faut que j’y aille.
– … pour le mondial de poker, de Monte-Carl’…
– Je vais leur foutre la pâtée !
– Eh ben, j’espère bien. On vous dit merde, Monique. C’était Monique Jean-Jean pour « Poker Mama, la vie d’une mamie pas comme les autres » chez Tapis vert.
– Souvenez-vous jeune homme…
– Oui
– “La valeur des cartes n’attend pas le nombre des années.” (Gérard Majax) Méditez là-dessus pendant que je me mets en route.
– C’est une très jolie phrase. Merci Monique. A bientôt et n’oubliez pas : Lire c’est vivre, mais vivre c’est mieux. Au revoir.