DELIRES ET DES LETTRES, UN LIVRE TOUT SIMPLEMENT





Entretien avec Antoine Dupont-Merret, auteur de « La Gloupette », chez Plouf éditions. Le journaliste — Antoine Dupont-Merret, bonjour, vous venez de publier « La gloupette », chez Plouf éditions. Un ouvrage entièrement consacré à cet oiseau méconnu, la gloupette justement, dont on a longtemps cru qu’elle n’existait que dans l’esprit de certains hurluberlus, mais […]

Entretien avec Antoine Dupont-Merret, auteur de « La Gloupette », chez Plouf éditions.

Le journaliste — Antoine Dupont-Merret, bonjour, vous venez de publier « La gloupette », chez Plouf éditions. Un ouvrage entièrement consacré à cet oiseau méconnu, la gloupette justement, dont on a longtemps cru qu’elle n’existait que dans l’esprit de certains hurluberlus,
mais dont une étude de plus de dix ans prouve de manière indubitable que la gloupette existe bel et bien. Antoine Dupont-Merret ?

Antoine Dupont-Merret — Ouais, ben c’est ça, c’est-à-dire que pendant longtemps on a cru que c’était une espèce de dahu ou un oiseau mythologique. Et en fait, on a vu dans certaines gravures que cet oiseau existe. Alors je me suis mis en planque quelques jours au bord du lac. Et j’ai pu voir la gloupette.
– Vous êtes ornithologue, il faut le dire pour situer votre parcours. Vous avez écrit beaucoup d’ouvrages sur les oiseaux…
– C’est ça et surtout sur les oiseaux qu’on voit pas tant.
– Mmh mh.
– Donc voilà. Et puis j’ai vu une gloupette. C’est très bizarre parce que… elle se pose sur l’eau, puis elle coule.
– C’est ça qui est étonnant avec cet oiseau vraiment particulier…
– C’est pour ça qu’on en voit pas beaucoup.
– Elle se pose sur l’eau…
– Et plouf dans l’eau, ouais, ouais… Elle a un trou, donc elle passe direct au fond.
– Comme une baleine avec un trou qui traverserait son corps.
– C’est ça exactement, c’est un peu le même principe.
– D’accord.
– Et puis elle est amphibie, donc elle reste très longtemps sous l’eau. En fait, elle sort quasiment jamais. Mais de temps en temps les thons leur foutent un coup de queue, alors elles remontent un moment.
– Si vous permettez je vais lire un court extrait…
– Oui, volontiers.
– …parce que vous écrivez très bien. Vous êtes un très bon ornithologue et vous écrivez très bien.
– Merci.
– Antoine Dupont-Merret « La gloupette », extrait : « Ressemblant à s’y méprendre à une poule d’eau, nombreux sont les gens qui les confondent. C’est sûrement à cause de cela que l’on a mis en doute si longtemps son existence. Mais la prochaine fois que vous irez au lac, munissez-vous de vieux cornets en plastique et lancezles dans l’eau. Si un oiseau les mange, ce sera une gloupette. »
– Ouais, c’est là qu’elle est marrante, parce qu’elle est pas tant dangereuse pour les autres animaux. Elle aime bien les cornets, les restes à frite… des trucs comme ça.
– C’est particulier comme animal, hein…
– Ouais, elle est marrante.
– …enfin comme oiseau qui mange… euh…
– Tout ce qui coule. Ouais, ouais, elle est sympa, elle pas agressive. Pis elle a un joli petit chant.
– Oui, vous dites que ça ressemble à une sonnerie de téléphone portable.
– Oui, ça fait euh… Fui fu eu fui fu eu eu uh… comme ça..
– Merci. Dernière question, Antoine Dupont Merret, on ne sait pas vraiment d’où vient la gloupette, mais vous élaborez une hypothèse qui tendrait à prouver que la gloupette est née dans une décharge.
– Ouais, c’est ça. Comme elle vient d’aucune race en particulier, on pense qu’elle est née dans les composts.
– Dans les composts ? Alors ce serait le fruit du déchet ?
– Du végétal, absolument.
– Du végétal.
– Mais faut pas qu’elle tombe dans de l’eau toute petite, parce que sinon elle coule, pis elle meurt.
– Dans le livre, effectivement, c’est un témoignage assez poignant et émouvant que vous racontez. Vous voyez mourir une gloupette…
– Un bébé gloupette qu’est passée dans une flaque de pluie. Elle est pas remontée, elle est morte, pis c’est fini.
– Vous parlez du cri de la gloupette…
– C’est ça… Ça fait glou glou, glou glou
– Gloupette.
– C’est pour ça qu’il faut qu’elle tombe sur l’herbe, c’est obligé, sinon elle meurt.
– Antoine Dupont-Merret, un amoureux de la nature qu’on a reçu pour « La gloupette », chez Plouf éditions.
– « A poil sur l’eau ou sur un arbre, point n’en faut trop à la gloupette » (Sun Zu)
– Ah ben dite donc, c’est un joli proverbe pour conclure.
– Ouais, ouais.
– A bientôt et n’oubliez pas : Lire c’est vivre, mais vivre c’est mieux.