Délires et des lettres, un livre tout simplement.





Entretien avec Mani Jonclerc, pour « Le coeur lessivé » (blanchisseuse et prostituée) aux éditions La Praline Le journaliste – Max Ballot, Bonjour, vous venez de publier « Thaillandiers, les jupons de Notre Dame » chez Michel Lafront, un livre tiré des cahiers de Thaillandiers retrouvés l’année dernière dans les décombres d’un ancien hôtel de […]

Entretien avec Mani Jonclerc, pour « Le coeur lessivé » (blanchisseuse et prostituée) aux éditions La Praline

Le journaliste – Max Ballot, Bonjour, vous venez de publier « Thaillandiers, les jupons de Notre Dame » chez Michel Lafront, un livre tiré des cahiers de Thaillandiers retrouvés l’année dernière dans les décombres d’un ancien hôtel de passe du XIVe arrondissement de Paris, qui s’appelait à l’époque, et ça c’est un scoop historique, L’hôtel des Verges Folles. Max Ballo ?
Max Ballo – Oui, Thaillandiers pourquoi, on pourrait dire ? Thaillandiers, c’est un de ces illustres oubliés de l’Histoire.
– On le connaît peu, hein…
– Parce qu’il a été un peu éclipsé par Talleyrand.
– Et pourtant à l’époque, il avait une grande notoriété.
– Bien sûr, c’était… évidemment surtout dans les salons, c’était le Rocco Siffredi de l’époque.
– Ah carrément, alors vous y allez avec votre ton habituel un peu provocatant…
– Ecoutez, d’après…
– Vous êtes très provocatant, hein…
– D’après ses lettres avec Mademoiselle de l’Espinasse, il était extrêmement connu pour son membre.
– Oui, bon, alors je me permets de recadrer Max Ballo pour ceux qui ne vous connaîtraient pas. Il y a une polémique autour de vous, qui s’est créée sur le côté tendancieux de votre vision historique.
– Oui…
– Ecoutez, je veux pas rentrer là-dedans, mais je vais juste citer un ou deux titres de vos précédents volumes sur la révolution française, notamment, Louis XVI, la passion des oignons ou l’horloger de la Gaule. Là, vous serez quand même d’accord avec moi pour dire que c’est un petit peu de la provocation ?
– Oui, mais plutôt que de parler de tendance, parlons plutôt de nouvelle approche, de nouvel éclairage sur l’Histoire.
– Justement l’extrait que je voulais lire concerne ce passage de votre livre, Max Ballo, « Thaillandiers, les jupons de Notre Dame » :

« Désormais dans les jardins du Luxembourg, la rumeur enfle. Se pourrait-il qu’un homme comme Thaillandiers ose se compromettre en galante compagnie et qui plus est masculine ? Thaillandiers ? De la jaquette ? Une lope ? comme on peut l’entendre non loin de la Bastille. Le 14 brumaire, le comité de salut public convoque d’urgence Thaillandiers. Il est révoqué sur le champ pour entente coquine avec l’ennemi.»
– C’est bien sûr osé, mais je crois que c’est quand on ose, qu’on approche une certaine forme de vérité. Je crois que Thaillandiers n’a pas été envoyé aux Amériques pour des histoires politiques, mais uniquement pour son histoire d’amour avec Popol le portefaix.
– Ah, alors là, je ne le connaissais pas, personnellement.
– Popol le portefaix, un des grands oubliés de l’histoire…
– Ah, lui aussi…
– Il était porteur de piques le jour du 14 juillet, et il y a eu un coup de foudre entre Thaillandiers et lui au moment de la prise de la Bastille.
– Oui… Ah, c’est lui qui était en fait un espion au service de Marie- Antoinette et des Autrichiens, c’est ça ?
– Exactement. Il jouait double jeu.
– Ah oui, oui, d’accord. Je le connaissais sous son autre nom, celui de Lavantichy.
– C’est ça. Et sous le nom de Popol, il a eu une carrière – à l’époque le nom n’existait pas – de gigolo.
– C’est intéressant.
– Il a couché avec Thaillandiers, ce qui, quelque part, nous a amené à la décapitation de Louis XVI.
– Ah…
– Mais vous savez, regarder l’histoire d’une autre façon me fait penser à cette phrase, sans doute, de Lamotte Croupière…
– Lamotte Croupière qui lui aussi en son temps était un grand historien.
– Oui, c’est ça. Chéri de Napoléon avec qui il a vécu une passion.
– Ah, d’accord, alors de nouveau…
– Oui, oui… Mais Lamotte Croupière a dit très justement, un jour : « Il faut savoir regarder dans les yeux de ceux qui ne vous regardent pas. » Et je ne me suis jamais départi de cette phrase.
– Comment mieux conclure une interview qu’avec une phrase si belle, si intense de Lamotte Croupière.
– C’est un peu sybillin, mais c’est très beau.
– C’est très beau. Alors là, Max Ballo, pan dans le mille. Merci. C’était Max Ballo pour « Thaillandiers, les jupons de Notre Dame » chez Michel Lafront. A bientôt et n’oubliez pas lire c’est vivre, mais vivre c’est mieux.

Tom et Rolf