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Une énième résurgence Post-punk, lo-fi Art-rock-funk ? Du bon vieux British DIY ? Ben oui, faut pas se mettre la tête au fond de la litière du chat (appréciera qui veut la fusion). Un combo de plus à fouler la voix du neo-… et qui emboîte le pas des Neils Children,  Horrors, LoneLady, Liars, Killers et  […]

Une énième résurgence Post-punk, lo-fi Art-rock-funk ? Du bon vieux British DIY ?

Ben oui, faut pas se mettre la tête au fond de la litière du chat (appréciera qui veut la fusion).

Un combo de plus à fouler la voix du neo-… et qui emboîte le pas des Neils Children,  Horrors, LoneLady, Liars, Killers et  Bloc Party? Ben Oui, aussi. C’est sûr…

Pastiche versus influence? Franchement que foutre de ces grandes dichotomies, et particulièrement de cette dernière qui est probablement devenue aussi caduque que celle opposant musique commerciale de non-commerciale…

Laissons aux « experts » la vacuité des critiques à l’érudit, mais si fragile vernis.

Ouais… Le vernis. ça craquelle au moindre petit choc. Et il faut en remettre une couche. Et des couches et des couches…

C’est du boulot. Un labeur qui peine à masquer une certaine stérilité tellement l’affect finit systématiquement par écraser la prétendue objectivité des argumentaires.

Ce qui le serait éventuellement moins – stérile donc – c’est le constat. Celui  d’une époque qui manifeste à l’évidence et pour une part de ses productions musicales, une certaine nostalgie… Soyons/soyez manichéens ou pas. Bien égal. Le jugement de valeurs fraie toujours avec une certaine mauvaise foi et un vieux conservatisme, mais aussi avec le coeur…

Quoi qu’il en soit c’est là, ça existe et ces propositions, estampillées  redites, pastiches, revival, hommages, influences ou copie, si elles tendent toutes au torticolis chronique – tant elle affligent leur anatomie à trop regarder en arrière – ne manifestent pas pour autant toutes le même potentiel, ni la même sincérité.

Electricity In Our Homes (EIOH) nous a touché – l’affect qu’on disait plus haut – … Une musique angulaire, abrasive, spasmodique, grotesque et décomplexée qui glisse autant qu’elle hoquette. Les arrangements ronds et groovy de la basse et des choeurs qui bataillent avec la stridence des guitares et des voix tout en affrontant les hachures rythmiques de la batterie.

Concision et chaos = Discordance. On sait ce que c’est, l’histoire a déjà été dite et redite…

De cette antinomique formule Charles Boyer (guitare et chant) Paul Linger (batterie et chant) et Bonnie Carr (basse et chant) – Kids du quartier de Whitechapel à Londres- forment EIOH en 2007 autour d’une passion commune pour Postcard Records (Orange Juice, Josef K.) Transmitters ou Zappa.

Adepte du EP en édition limitée (« You’re doing so well / apple tree » – 2010, « Gymnastics » – 2009, « We Agree Completely » – 2009, « We Thought It Was But It Wasn’t / After Many A Summer Dies The Swan » – 2008, « The Shareholders Meeting » – 2007) composé principalement de titres originaux mais aussi de covers: « Little Honda » des Beach Boys renommée « Motorcycle », ou « Louie, Louie », EIOH s’est fait son nom sur scène et dans une micro niche de collectionneurs et d’avertis.

Qu’on se le dise, EIOH n’entrera jamais au Panthéon des têtes chercheuses. Qui d’ailleurs en 2011? Mais Electricity In Our Homes  ne sent pas pour autant la boule à mites.

C’est frais, c’est léger, ça cycle, ça s’emballe et ça gueule. De quoi vous offrir un sourire sans artifices, tressaillir du séant et fouler frénétiquement du plancher.

EIOH n’est pas ESG, Gang Of Four, CAN, Captain Beefheart ni Talking Heads, mais John Peel aurait sans doute tendu une oreille attentive…

2011: Les ascendances sont là, leurs discordes aussi.

M.J.