Cinéma-to-graphe





Deux séances exceptionnelles de projection au Bourg le 4 et 11 février 2010. Des films de Robert Breer et de Peter Downsbrough seront présentés, en parallèle de l’exposition collective organisée par Frédéric Chapon pour Circuit: «in the face of spatial grandeur» Robert Breer est né a Détroit en 1926. il commence à réaliser des films […]

Deux séances exceptionnelles de projection au Bourg le 4 et 11 février 2010. Des films de Robert Breer et de Peter Downsbrough seront présentés, en parallèle de l’exposition collective organisée par Frédéric Chapon pour Circuit: «in the face of spatial grandeur»

Robert Breer est né a Détroit en 1926. il commence à réaliser des films et des sculptures dès 1952: des histoires d’oiseaux en forme de couteaux, des explosions de rats, des bolides attardés sur le bord de la route…

À l’instar de ses pères les plus emblématiques, tel l’Allemand Oskar Fischinger ou le Britannique Norman McLaren, Robert Breer taille, coupe, dessine et monte la pellicule comme pour lui faire jaillir ses entrailles. Il faut dire aussi que Dada et Tinguely, tout particulièrement, jalonnent constamment cette aventure d’une vie dévouée aux formes et objets animés. Avec Robert Breer, le cinéma expérimental est telle une voiture de course trafiquée et peinte aux couleurs les plus vives… Ce qui compte n’est pas la distance parcourue et le récit qu’elle engendre mais l’ivresse que procure la vitesse et le mouvement afin de toucher la limite du son, de la lumière et de l’espace-temps.
L’art cinétique est un voyage absolu où l’on reste sur place à toute allure.

Peter Downsbrough est un artiste conceptuel né dans le New Jersey en 1940 et résidant à Bruxelles depuis plus de 25 ans.

Plus connu pour ses lignes noires peintes ou suspendues «in situ» et ses mots découpés longitudinalement, il réalise aussi depuis les années 70 un travail sonore et cinématographique surprenant par l’acuité d’un regard qui, en écho à ses mots tronqués, tranche dans le réel comme avec un scalpel. L’artiste est souvent tel le scientifique, il observe et extrapole les faits et situations tout en exploitant les outils de son temps : il y a une méthodologie (partager, inclure, exclure) et des phénomènes (langage, spatialisation). À travers ces films, cités, humains, enseignes et architectures semblent reformulés au-delà de ce qui est habituellement visible, par la logique poignante de la caméra, la sévérité de l’enregistrement du paysage à angle droit et de sa projection idoine. Si le rythme est étiré c’est pour mieux révéler la taxinomie des espaces scandés. Si la césure est nette, d’un plan à l’autre, l’image filmée ne prend possession que d’absences et de non-lieux, acteurs par défaut d’une tragédie réglée, conditionnée, et parfaitement orthonormée.