Chroniques de Cujeon





Les éditions Dumoulard sortent ces prochains jours les mémoires de l’un des plus illustres policiers Cujennoux : Eugène Blanchet dit «le porte-clés». «L’écho de Cujeon» a eu l’immense privilège de s’entretenir plus d’une heure avec cette autenthique légende vivante. Rolf Mettalica: Eugène Blanchet, flic c’est une vocation ? Eugène Blanchet: Pas vraiment, je voulais être peintre, mais je n’avais aucun talent. Mon père me voyant découragé me poussa à […]

Les éditions Dumoulard sortent ces prochains jours les mémoires de l’un des plus illustres policiers Cujennoux : Eugène Blanchet dit «le porte-clés». «L’écho de Cujeon» a eu l’immense privilège de s’entretenir plus d’une heure avec cette autenthique légende vivante. Rolf Mettalica: Eugène Blanchet, flic c’est une vocation ? Eugène Blanchet: Pas vraiment, je voulais être peintre, mais je n’avais aucun talent. Mon père me voyant découragé me poussa à me présenter au concours d’entrée de la police de Cujeon qui, cette année, avait baissé la taille réglementaire d’admission à 20 centimètres.

R.M.: En effet, votre petite taille au lieu d’être un handicap s’est révélée un atout majeur dans votre brillante carrière.
E.B.: En effet, je dois tout à cette singularité.
R.M.: Pour les plus jeunes de nos lecteurs, pouvez-vous nous rappeler en quelques mots votre enquête la plus célèbre?
E.B.: «La dent creuse»?
R.M.: Absolument.
E.B.: La veuve Brouchard était suspectée de blanchir de l’argent pour le compte d’un parrain marseillais. Je me suis donc caché dans une liasse de billets de banque afin de pouvoir remonter la filière. Pendant 2 semaines on m’a balloté de poches en valises jusqu’à ce que je finnisse par me retrouver dans l’imperméable de César Battavia. Mais ça a failli mal tourner…
R.M.: Que s’est-il passé?
E.B.: En voulant allumer une cigarette j’ai malencontreusement mis le feu à la poche dans laquelle je me trouvais. Découvert, je n’eus d’autres choix que de sauter de l’imperméable en flammes et neutraliser au plus vite Battavia en me saississant d’une épée de Tolède …
R.M.: Une épée de Tolède?!
E.B.: Oui, une réplique pour les apéritifs avec une olive plantée au bout…
R.M.: Quelle histoire ! Et ensuite?
E.B.: En rassemblant mes dernières forces, je réussis à loger la lame dans l’espadrille de Battavia qui s’évanouit de douleur. La suite appartient à la légende…
R.M.: Hallucinant! Et qu’avez vous fait de l’olive?
E.B.: Je l’ai mangée.
R.M.: Quelle est l’enquête qui vous a donné le plus de fil à retordre?
E.B.: «L’affaire du collier de la naine» sans aucun doute.
R.M.: Pour mémoire , c’est dans cette célèbre enquête que vous vous êtes déguisé en Action Man afin de surveiller la directrice d’un orphelinat.
E.B.: Oui et j’ai été à la merci de son protégé Roberto, un enfant de 5 ans, qui m’a fait subir les pires outrages un mois durant…
R.M.: C’est-à-dire ?
E.B.: J’ai été enduit de dentifrice menthol, contraint de porter une robe Barbie pour un simulacre de mariage avec une araignée en peluche et brûlé à la bougie d’anniversaire…
R.M.: Mon Dieu!
E.B.: Mais je crois que le plus dur ça a été…
R.M.: Oui?
E.B.: …de ne pas cligner des yeux quand Roberto m’a enfourné un pétard chinois dans les fesses…
R.M.: A la suite de cette affaire vous avez été cité pour la médaille du mérite, mais vous avez refusé cet honneur. Pourquoi?
E.B.: Pour une raison très simple. La médaille était trop grande, ça traînait par terre.
R.M.: A présent dissipons un mystère. Vous quittez la police de Cujeon en pleine gloire à l’aube de vos 50 ans pourquoi ?
E.B.: J’ai été mis sur une voie de garage…
R.M.: Comment ça ?
E.B.: On m’a fait comprendre que je faisais partie d’un temps révolu. Qu’à l’ère de la surveillance électronique, des machines qui font bip-bip et tutut on n’avait plus besoin de moi. J’ai décidé de partir avant qu’on me le demande…
R.M.: Les radars ont remplacé le renard en quelque sorte…
E.B.: Quel renard ?
R.M.: Heuh, et bien vous, vous êtes une sorte de renard.
E.B.: Pourquoi ?
R.M.: Parce que vous êtes malin comme un singe.
E.B.: …
R.M.: Bien…Pour conclure, que souhaiteriez-vous dire à un jeune Cujennoux qui aimerait embrasser une carrière de policier?
E.B.: Vous savez je cite souvent, mon maître, Cazennac, qui avait l’habitude de me dire quand j’étais jeune policier,…
R.M.: Oui?
E.B.: Et je crois qu’il avait raison. C’est encore valable aujourd’hui en tout cas.
R.M.: …Merci, Eugène Blanchet. E.B: Je vous en prie jeune homme.


Propos recueill is à Cujeon par Rolf Mettalica