Céleste apesanteur





Ne pas apparaître pour mieux faire exister la musique Argument moins convaincant que la musique de Cascadeur, puisque côté discrétion, la devise n’est pas des plus opérationnelles. Cascadeur en live, c’est pour le moins un show total. D’abord par la dénommée « panoplie »: Combinaison maculée, casque de pilote de chasse et Luchador (masque de catch mexicain), […]

Ne pas apparaître pour mieux faire exister la musique


Argument moins convaincant que la musique de Cascadeur, puisque côté discrétion, la devise n’est pas des plus opérationnelles.

Cascadeur en live, c’est pour le moins un show total.

D’abord par la dénommée « panoplie »: Combinaison maculée, casque de pilote de chasse et Luchador (masque de catch mexicain), elle marque les contours physiques autant qu’elle masque ceux du visage de Cascadeur.

A cela s’ajoute des projections composées d’images empruntées autant à des atmosphères abstraites et stellaires qu’à celles plus prosaïques de notre environnement terrestre…

Et une mise en scène qui peut, ponctuellement voir l’apparition d’un chœur d’enfants ou d’une danseuse aux gestes étranges, robotiques autant que graciles.

Cascadeur :

- Le cascadeur double. Il est un personnage de l’ombre, celui qui ne montre jamais son visage au profit de celui, exposé, de l’acteur.

Cascadeur à l’allure de cosmonaute :

- Cohérent pour la navette sonore tournée vers le passé, sans aucune nostalgie, que pilote Alexandre Longo, et dont la visière de son casque dissimule un rétroviseur intérieur.

Une  musique s’affranchissant de l’apesanteur, de l’espace autant que du temps, recherche constante d’élévation que conduisent son piano aérien et sa voix androgyne.

Mais alors qu’est-ce qui disparaît vraiment?

- Un visage oui, mais plus que ça les émotions qu’il pourrait trahir.

Une pudeur qui décadre radicalement avec les compositions éthérées autant qu’étranges dans les arrangements du songwriter, interprète, musicien, chanteur, arrangeur et mixeur.

Entourés de ses machines (samplers et autres instruments digitaux), de jouets détournés à des fins instrumentales (dictée magique, boîte à musique), d’une voix cristalline et bien sûr du piano, essence première et directrice de la musique de Cascadeur.

De cette Pop vaporeuse et envoûtante – après quelques albums auto-produits depuis fin 2004 – un premier Ep 5 titres est paru sur Casablanca Records/Mercury en novembre dernier.

Sur « Walker », on découvre entre autres « Meaning », un titre qui rappelle Satie dans les premiers accords de piano, Wyatt dans les mélodies et Christophe dans les ascensions vocales.

Sur le titre éponyme « Walker », les influences de Tom Yorke ou encore celle d’Anthony « sans les Johnsons » se dessinent sans maladresse ni malaise.

Si Cascadeur se protège par son déguisement, vous feriez bien de trouver une parade à la gifle émotionnelle que suscite l’expérience Cascadeur.

Point conseil :  Même pour les coeurs aux parois les plus tannées, prévoir un paquet de mouchoirs en papier et du Rimmel waterproof.

M.J.

www.myspace.com/cascadeur