Broadway Sous Morphine





Réinterprétation Pop-Folk des grands standards de Broadway de la première moitié du vingtième siècle par la berlinoise Masha Qrella. L’occasion de (re)découvrir des morceaux perdus dans la mémoire du genre : la comédie musicale, que les nombreuses productions plus récentes ont pu éclipser. A noter qu’il n’est pas indispensable d’adhérer au genre pour apprécier ce […]

Réinterprétation Pop-Folk des grands standards de Broadway de la première moitié du vingtième siècle par la berlinoise Masha Qrella. L’occasion de (re)découvrir des morceaux perdus dans la mémoire du genre : la comédie musicale, que les nombreuses productions plus récentes ont pu éclipser. A noter qu’il n’est pas indispensable d’adhérer au genre pour apprécier ce focus sur cette tranche d’histoire de la musique, puisque par principe, la réinterprétation, si elle respecte la colonne vertébrale de la partition, s’autorise des libertés avec le genre.
Berlin – New-york aller simple.

Masha Qrella n’en n’est plus à ses débuts. Active depuis la fin des années nonante sur la scène Folk allemande, elle joue avec les formations Mina et Contriva avant de s’ouvrir à une carrière solo dès 2002. Elle écrit et compose la quasi totalité de ses titres et compte jusqu’à aujourd’hui les premières parties, entre autres, de Galexico, Stereolab, et Yo La Tengo.
La fille mène sa barque et trace plutôt bien sa route.

Expérience rare et peu commune dans une carrière musicale, la folkeuse berlinoise est approchée en 2007 par le curateur de la « Maison des Cultures du Monde » (« Haus der Kulturen der Welt ») à Berlin pour assurer un concert commémoratif « Broadway – Berceau de la musique populaire » dédié à l’âge d’or des comédies musicales de Broadway, alors tenues par les mains de maîtres des deux compositeurs Kurt Weil et Frederick Loewe.

Le concept : travailler sur la base de leurs compositions et en produire une nouvelle approche ; trouver le dénominateur commun entre ces deux géants de Broadway originaires de Berlin et une artiste berlinoise contemporaine.
L’idée était aussi de mandater une artiste inattendue, venant d’un tout autre univers musical, au point que l’auditeur, sans être informé du projet, aurait pu imaginer que ces interprétations n’auraient été autres que celles de Masha Qrella.

L’histoire aurait pu s’arrêter en octobre 2007, après le succès de cette unique performance live à la « Maison des Cultures du Monde ». L’histoire en a décidé autrement puisqu’en juin 2009 paraît le troisième album de l’artiste, « Speak Low » qui n’est autre que l’enregistrement studio de ce tribute à Kurt Weil et Frederick Loewe. Ni folk minimaliste ou lo-fi, et loin des arrangements parfois kitsch des titres originaux, « Speak Low » propose une instrumentation riche (guitare, basse, batterie et orgue) et une Pop-Folk homogène et sans aspérités.

A découvrir sans nostalgie et par curiosité du contraste.