BelAir Records à la rue de Bourg, putain !





C’est l’histoire de deux passionnés de musique… ça commence bien… pourquoi pas «il était une fois »? Reprenons. Il ne s’agit pas vraiment de raconter une histoire, avec un début, une fin, ni de se rappeler au bon souvenir de cette fois-là, de ce fameux «bon vieux temps»… Mais de pénétrer le flux sonore et […]

C’est l’histoire de deux passionnés de musique… ça commence bien… pourquoi pas «il était une fois »? Reprenons.

Il ne s’agit pas vraiment de raconter une histoire, avec un début, une fin, ni de se rappeler au bon souvenir de cette fois-là, de ce fameux «bon vieux temps»… Mais de pénétrer le flux sonore et le magma vinylique perpétuel qui s’écoule entre les mains des deux adeptes de la 13e note qui orchestrent ce continuum temporel/intemporel qu’est Belair Records. Certains en parlent comme d’un temple. Un temple dédié à la musique du 20e siècle… donc du 21e, on est d’accord ! Pas de passéisme ici !

Mis trivialement à la porte par leurs mères excédées – à quoi ils vont te servir dans la vie, tous ces disques, hein, mon fils?! et range ta chambre ! tu n’arriveras donc jamais à rien ! –, ainsi bien arrosés par toutes ces vérités qui ne sortent que de la bouche des parents, les deux garçons pas dans le vent du tout se retrouvent avec comme seul et unique bagage, cette arche de Noé musicale et discographique qui vint à échouer au fond d’un cul-de-sac poisseux sous la tour Bel-Air circa l’an 5 de notre ère.

Mais qui sont ces deux athées au royaume du téléchargement tout puissant? Ces deux espiègles mélomanes au pays des blasés de la technologie? Ces deux activistes acharnés à l’oreille pointue en terrain de consensus et à l’ère de l’indistinction?

Didier Guerraz aka Posh Boy. Kevin Shaw aka Kevin Shaw. Qui est cul? Qui est chemise? Quels sont leurs points communs? À quoi carburent-ils? Tant de questions qui ne trouveront pas toujours réponse… Ce que l’on sait: les deux ont une formation musicale (voire une déformation), les deux sont disciples autant qu’exégètes de l’oeuvre du dénommé Bozzy, grand patron de Stigmate Records à Genève, le St-Christophe des collectionneurs de disque de la région! Quoi d’autre? Ils ne font pas de sport et ne sont plus très “mint”, “VG +” disons!

Mais attention! chacun possède sa particularité: Posh Boy fait toujours sa lessive chez sa mère et Kevin Shaw a deux chats. Rock’n Roll. L’histoire du 20e siècle musical se déploie au rythme de leurs érudits discours, de leurs savantes trouvailles et des plus ou moins mornes saisons: rares enregistrements d’oeuvres de Chostakovitch, Martinu, Nono, éditions originales de blues, ska, rocksteady, Jerry Lee, Chuck, Alle die kosmische Musik, Von der Sie immer getraümt haben, electro, postpunk, post-rock, postillons (ndlr: sic! ils parlent beaucoup, passion oblige!)… Donc Belair Records pour vous servir! Mais aussi pour vous déplumer tant la collection de disques de 2e main et de nouveautés, triée sur le volet, s’avère irrépressiblement attirante pour toutes oreilles curieuses et avisées. L’auteur de ces lignes témoigne et fait son mea culpa auprès de ses proches.

Désormais le seul magasin de disque d’occasion au monde à côtoyer Louis Vuitton en vis-à-vis, Belair Records se rapproche dangereusement, mais pour le bonheur de tous, de la tireuse à bières et des flacons de bourbon en s’installant aux abords du Bourg, et même à l’intérieur, pour célébrer l’union de la forme et du fond (on ne sait que rajouter)! Belair, enfin, est à la rue de Bourg! Bientôt la Jamaïque à St- François et vive DaDa!

Pour le bon entretien de vos oreilles et de votre santé mentale, et ceci à raison de quelques séances par mois, Belair Records fera gratter ses vieux 33 tours Deep Soul, Krauty Rock, Psyche Folk, OK Donkey?!