Baroque Wonder Woman





Tori Amos et Tom Waits engagés dans une valse sur talons aiguilles sur fond d’un folk noir confiné dans les tréfonds d’un cabaret punk. Ça s’est Wendy McNeill qui, à l’occasion d’un deuxième passage au Bourg, présente son sixième opus « For The Wolf, A Good Meal ». Mais c’est qui au fond Wendy McNeill ? Parce que […]

Tori Amos et Tom Waits engagés dans une valse sur talons aiguilles sur fond d’un folk noir confiné dans les tréfonds d’un cabaret punk.

Ça s’est Wendy McNeill qui, à l’occasion d’un deuxième passage au Bourg, présente son sixième opus « For The Wolf, A Good Meal ».


Mais c’est qui au fond Wendy McNeill ? Parce que l’accomplissement d’un projet musical n’existe pas instantanément.

Résultat du travail, du hasard, du parcours, de la chance ou pas, des inspirations, du talent et du courage.

Le résultat d’une vie jusqu’ ici et maintenant.

Alors c’est qui Wendy McNeill ailleurs et jusqu’à juste avant?

Native canadienne établie aujourd’hui à Stockholm, son premier coup de foudre musical elle le doit à une cassette.

Sur la bande magnétique, l’album de Dolly Parton en duo avec Porter Wagner, emprunté dans la collection Folk et Alt-country de sa mère.

A la même époque, sur du ABBA, elle se fantasme pop star et/ou super héroïne, un costume de Wonder Woman sur le dos en pleine session d’air guitar dans sa chambre d’enfant.

Ce sont les oiseaux, les abeilles, les coyotes et le sifflement du vent à travers les bouleaux et les peupliers qui forment ensuite la bande-son des activités équestres qui l’occuperont plusieurs années.

Le Rock suivra: Celui Heavy de Black Sabbath, Psychédélique de Pink Floyd et Progressif de Supertramp.

La high school lui fera troquer chevaux, Country, déguisement, air guitar et Classics Rock pour le Gothique, l’Art Rock et le Punk. Velvet, Siouxsie, Blondie et les Sisters Of Mercy nourrissent ses affinités musicales et plus largement la photo, la poésie et la danse contemporaine occupent ses aspirations artistiques et son temps libre.

Une fois inscrite en école d’art pour parfaire son apprentissage de la danse, pour accompagner ses pièces de danse au piano, elle trouve une nouvelle source d’inspiration musicale dans les oeuvres de Steve Reich, Meredith Monk ou Laurie Anderson.

Parallèlement, Wendy McNeill paie ses études en travaillant comme serveuse dans un club de musique qui fait la part belle à la culture du singer/songwriter, de la Country et du Folk.

Woodie Guthrie, Leonard Cohen, Joni Mitchell, John Prince sont souvent repris par des artistes se produisant dans ce club.

Un cadre qui la stimule dans l’apprentissage de la guitare et l’encourage à écrire et à composer ses propres titres.

Un concours d’écriture d’une chanson remportée et voilà la promesse de l’enregistrement d’un premier album « To Whom It May Concern » qui paraîtra en 2001.

Son jeu de guitare percussif et inhabituel la fait remarquer de la critique et les dates s’enchaînent.

Un jour qui suit, elle partage l’affiche d’un festival avec un accordéoniste dont elle tombe amoureuse de l’instrument (sans mauvais jeu de mots). Un instrument qui occupera dès lors ses compositions en alternance avec la guitare.

L’univers de Wendy McNeill tient depuis dans des textes qui épousent les contours de contines tordues, ironiques et souvent macabres, dans celui d’une voix, rauque ou angélique, qui rappelle Goldfrapp sur « Utopia »; le tout fidèlement transporté par les mélodies entêtantes et mélancoliques de son accordéon ou par des balades Folk plus instrumentées qui fraient avec une Pop à la sombre férocité.

« For The Wolf, A Good Meal », son sixième album qui paraît en février de cette année est présenté comme un album concept. Un album fait de doucereuses promesses et d’acides vérités qui pour la première fois – bien que chaque titre puissent s’écouter indépendamment d’un autre – forme un tout, un conte pour adulte qui croise la route d’un pêcheur amnésique à la retraite, d’une femme loyale dépendante du jeu, une sirène désorientée, une reine réincarnée ou encore un curieux poisson.

Timbale, vibraphone, marimba, orgue, fields recordings s’associent à la double basse d’ Andreas Nordell et aux percussions d’Erik Nilsson. Ceci dit, Wendy McNeill n’en fait pourtant jamais trop, à part l’essentiel. Et c’est amplement satisfaisant.

Si elle dit ne plus rêver de devenir une super-héroïne ni une pop star, Wendy McNeill aime toujours Dolly Parton et ne serait pas contre l’idée de se glisser à nouveau une jour dans le costume de Wonder Woman. On est pas contre et on a envie de lui dire de se sentir libre de le faire à l’occasion de l’installation de son cabaret éphémère, date unique en Suisse romande au Bourg le dix mars.

M.J.


www.myspace.com/wendymcneill